STELLO.

Qui parle du passé? La peste du trappiste

Qui vient gémir ici!--Georgette, mon cher coeur,

Tu me laisses mourir de soif.--Maudit chanteur!

C'est à lui qu'est la faute avec sa chanson, triste

Comme un souper sans femme.--Au diable l'aubergiste!--

Heureux celui qui dort quand il est gris! D'honneur,

Quiconque a le vin triste est un méchant buveur.

Hors d'ici les regrets et la mélancolie!

Je veux boire ce soir à tout ce qui s'oublie,

Aux filles, au bon vin, à l'homme, au monde entier!

--A la littérature!--A la gendarmerie!

Boirons-nous à l'amour? Mais l'amour fait pitié;

On abuse du mot, c'est une maladie.

A la santé de ceux qui croyaient à l'amour!

(Il chante avec le choeur et s'accompagne on faisant sonner

sa bourse dans sa main.)

Non! Non!

Non! Non!

Voilà ce qu'aime Margot!

Par Bacchus ivre-mort! c'est une pauvre espèce

Que ces malheureux-là qui s'en vont nuit et jour

Dans le creux des échos déclamant leur tristesse.

L'amour, même au théâtre, est un moyen usé.

D'abord c'est mélodrame...

GEORGETTE, élevant son verre.

A toi, mon adoré!

Contes et poésies de Prosper Jourdan: 1854-1866 · 第 25 / 212 题