Il serait absurde, il serait grossier, il serait lâche de penser que
parce qu’un petit morceau de fer leur a traversé la tête, il est devenu
impossible de s’entendre avec des gens comme Péguy ou comme Henri[19].
Ils ne nous sont pas enlevés. Ce sont nos chères âmes. Nous avons
beaucoup à recevoir d’elles, et elles un peu de nous. Nous pouvons nous
faire du bien plus que jamais les uns les autres. Maman n’a jamais cessé
de m’en faire depuis qu’elle est morte.
[19] Henri Alain-Fournier.
C’est le moment où ils s’aperçoivent de ce qu’il y avait de vrai dans ce
que nous leur disions et qu’ils ne voulaient pas croire. C’est le moment
où nous comprenons amèrement tout ce qu’il y avait de bon dans ce que
nous avons laissé tomber de leurs paroles.
Mais il n’est pas trop tard. Nous pouvons encore travailler ensemble.
Ils peuvent encore nous aider, faire passer vers nous un peu de la
lumière qu’ils contemplent, comme nous, nous pouvons les aider--sans la
voir, par nos prières--à s’en approcher de plus près. Jamais je n’ai
senti plus fort sur moi l’action de Péguy et d’Henri que depuis que je
les ai perdus.
La communion des morts et des vivants. La communion des saints.