Émotion que me donnait la phrase du _Credo_ des Bénédictines, que je me
répétais hier. Attendrissement, amélioration. C’est bien un endroit
sacré. Je sens tout ce qui m’y attend de nouveau et d’ineffable.
Ce matin, la messe dans la baraque, les bougies soulevant à peine
l’ombre; impression de catacombes. Je sentais tout ce que le
christianisme a d’humble, de souterrain, de presque pareil aux ténèbres.
Je ne peux pas très bien expliquer. Je pensais invinciblement en même
temps à la messe dans la petite église de Bénerville, accrochée sur son
rocher comme un coquillage, inébranlable aux tempêtes, avec ses quelques
petites lueurs jaunes de cierges au fond de sa caverne. Rien ne fait
mieux sentir la perpétuité du christianisme que ces messes basses, avec
des bouts de prières à haute voix qui vous parviennent de temps en
temps, et les longs silences du prêtre adorant--ces messes à moitié
prises encore dans la nuit.