22 janvier 1915. (4e carnet, page 65).

Émotion que me donnait la phrase du _Credo_ des Bénédictines, que je me

répétais hier. Attendrissement, amélioration. C’est bien un endroit

sacré. Je sens tout ce qui m’y attend de nouveau et d’ineffable.

Ce matin, la messe dans la baraque, les bougies soulevant à peine

l’ombre; impression de catacombes. Je sentais tout ce que le

christianisme a d’humble, de souterrain, de presque pareil aux ténèbres.

Je ne peux pas très bien expliquer. Je pensais invinciblement en même

temps à la messe dans la petite église de Bénerville, accrochée sur son

rocher comme un coquillage, inébranlable aux tempêtes, avec ses quelques

petites lueurs jaunes de cierges au fond de sa caverne. Rien ne fait

mieux sentir la perpétuité du christianisme que ces messes basses, avec

des bouts de prières à haute voix qui vous parviennent de temps en

temps, et les longs silences du prêtre adorant--ces messes à moitié

prises encore dans la nuit.

A la trace de Dieu · 第 81 / 151 题