a) _Scepticisme._ Étymologie. On ne peut pas tourner les choses pour
voir si elles ressemblent à l’idée que nous nous en formons. Il faudrait
deux instruments qui se contrôleraient mutuellement. On dira: il y a
l’expérience. Mais l’expérience est un acte de l’esprit.--Scepticisme
antique, qui consistait à démontrer l’insuffisance de la raison par les
sophismes mêmes où elle s’embarrassait: un instrument qui se détraque
tout seul est sans valeur.--Scepticisme anglais: David Hume. Conséquence
de l’empirisme idéaliste. Tous les principes sont des raffinements
automatiques de l’expérience; ils ne valent donc que pour cette
expérience, laquelle est d’ordre purement idéal.--Scepticisme moral de
Montaigne: relativité des opinions humaines: si la vérité change avec
les temps et les lieux, elle n’est plus la vérité. Grande différence
entre le scepticisme antique et le scepticisme moderne: le principe du
premier est: on ne peut rien savoir; le principe du second est: on ne
peut rien savoir que de relatif à notre esprit.
b) _Dogmatisme._ Étymologie. Tous les grands métaphysiciens sont
dogmatiques, c’est-à-dire qu’ils croient découvrir dans nos idées des
marques à quoi l’on peut reconnaître leur réalité objective, leur
correspondance avec les choses en soi.--Dogmatisme inconscient des
Anciens, particulièrement d’Aristote et de toute la scholastique. La
preuve logique, suffisante. Aucun examen des principes.--Descartes le
premier essaie de _fonder_ le dogmatisme. Il sent que si on se laisse
aller, tout peut être démontré. Et en effet, foison d’opinions fausses
qui étaient démontrées. Descartes impressionné sans doute par la
révolution de Copernic.--Un seul moyen: tout remettre en question.
Scepticisme conditionnel, doute provisoire. Le _Cogito_. Nature de
l’évidence cartésienne. Les règles de la méthode.--Mais métaphysiques
différentes construites sur la méthode cartésienne: Descartes,
Malebranche, Spinosa, Leibniz.--Ainsi réfutation par son usage même.
C’est sans doute, joint à l’étude de Hume, ce qui a réveillé Kant de son
«sommeil dogmatique».
c) _Criticisme._ Théorie fondée sur un examen critique de la raison
pure. Nature des principes selon Kant: impossibilité de les dériver de
l’expérience (parce que leur universalité ne peut pas s’expliquer),--et
de les admettre innés. Le temps et l’espace, «formes de la sensibilité».
Les catégories: tissu même de l’esprit, plis de l’étoffe.--D’autre part
une expérience amorphe, simple impression des choses sur notre esprit,
mais sans aucun sens pour lui.--La connaissance résultat de l’action des
catégories. Usage régulateur des principes de la raison.
Ainsi notre entendement a un usage, il nous donne une connaissance
valable. Car les choses ne pouvant jamais nous apparaître que par lui et
que dans l’ordre qu’il leur impose, si nous nous servons toujours
correctement de lui, nous sommes sûrs de n’être jamais démentis. De là
la possibilité de la science.
Mais en même temps usage relatif, connaissance relative à notre esprit.
Importance de l’idée de relation chez Renouvier. Objectivité:
c’est-à-dire que notre entendement détermine des objets. Impossibilité
de la métaphysique.