Cependant, le vaillant Bernier a revêtu un riche habit, il vient
trouver sa mère Marcent au fier visage; car il a grand besoin de lui
parler.--Il met pied à terre: la dame alors le saisit entre ses bras,
et par trois fois l'embrasse. «Beau-fils, dit-elle, tu as donc pris
tes armes?... tu ne peux me le cacher.... Tu as donc pris tes armes
contre le fief de ton père! et ne sais-tu pas qu'il t'appartiendra un
jour? Ybert n'a plus d'hoirs, et tu le mériteras par ton courage et ta
sagesse.»
--«Non, par saint Thomas, dit Bernier, Raoul, mon seigneur, est plus
félon que Judas...; mais il est mon maître: il me donne chevaux,
habits, harnois, équipements; et pour le fief de Damas, je ne voudrois
lui manquer: jamais, tant que tout le monde ne répète: Bernier en a le
droit.»
--«Par ma foi, fils, tu as raison; sers bien ton seigneur, et tu
mériteras devant Dieu.»