III.

Cependant, le vaillant Bernier a revêtu un riche habit, il vient

trouver sa mère Marcent au fier visage; car il a grand besoin de lui

parler.--Il met pied à terre: la dame alors le saisit entre ses bras,

et par trois fois l'embrasse. «Beau-fils, dit-elle, tu as donc pris

tes armes?... tu ne peux me le cacher.... Tu as donc pris tes armes

contre le fief de ton père! et ne sais-tu pas qu'il t'appartiendra un

jour? Ybert n'a plus d'hoirs, et tu le mériteras par ton courage et ta

sagesse.»

--«Non, par saint Thomas, dit Bernier, Raoul, mon seigneur, est plus

félon que Judas...; mais il est mon maître: il me donne chevaux,

habits, harnois, équipements; et pour le fief de Damas, je ne voudrois

lui manquer: jamais, tant que tout le monde ne répète: Bernier en a le

droit.»

--«Par ma foi, fils, tu as raison; sers bien ton seigneur, et tu

mériteras devant Dieu.»

Fragments d'épopées romanes du XIIe siècle traduits et annotés par Edward le Glay · 第 12 / 63 题