UNION DES SENTENCES

de philosophie.

Aage.

Pytha.

L’Aage qui est le temps & l’espace de la vie humaine, depuis la nativité

jusques à la mort, Pythagoras le limitoit à quatre-vingts ans, qui est

le point ou l’homme doit mourir, & le divisoit selon les saisons de

l’annee, comparant l’Enfance au Printemps, l’Adolescence à l’Esté, la

Jeunesse à l’Automne, la Vieillesse à l’Hyver.

Platon.

Platon le divisoit de sept ans en sept ans, & estimoit qu’au bout des

sept ans, l’homme changeoit tousjours de complection, & se faisoit

quelque metamorphose au corps humain, pour ceste cause estimoit le

septiesme an estre perilleux, judiciaire, ou fatal.

Patric.

Aucuns Philosophes divisoient l’aage en six, enfance, puerilité,

jeunesse, adolescence, virilité, & vieillesse.

Them.

Themistocles aagé de cent sept ans, regretoit finir sa vie lors qu’il

commençoit à estre sage.

Theop.

Theophraste accusoit nature, qu’elle avoit donné aage si long aux cerfs

& corbeaux, qui sont bestes inutiles, de nul proffit: Et aux hommes

avoit donné la vie courte & de peu de duree, lesquels (s’il leur estoit

permis par long aage) pourroient estre parfaicts en science, &

abondamment puiser de l’eau en la fontaine de sagesse.

Possid.

Possidonius disoit qu’on devoit avoir plus cher, & estimer un seul jour

d’un homme docte, que le long espace de l’aage d’un homme ignorant.

Aug.

Il ne me semble jamais tard à l’homme, pour apprendre ce qui est

necessaire.

Patric.

Avec l’aage convient changer les moeurs.

La chose en laquelle un jeune enfant s’adonne de son premier aage, le

conduit jusques au sepulchre.

Une mesme chose ne convient pas bien à tout aage, car nature se change

avec le temps.

Patric.

Pour l’aage de maintenant les jeunes gens s’adonnent à toutes

dissolutions, & plaisirs mondains, & quand sont grands ils ont honte

d’apprendre, au lieu que plus tost devroyent estre honteux qu’ils n’ont

apprins.

Abstinence.

Patric.

Abstinence est de ne rien desirer de superflu, ne passer les limites de

moderation, dompter convoitise soubs le joug de raison, celuy est

abstinent à qui vice, & volupté desplaist: qui ne se resjouit d’exces,

mais soudain retourne à mediocrité.

Patric.

Abstinence doit estre gardee, car superfluité & gourmandise

affoiblissent le corps & rompent l’entendement. Ainsi comme abstinence

faict la jeunesse longue, & conserve la santé, tient le corps en estat

honneste: au contraire gourmandise haste la vieillesse, rend le corps

debile, faict la face laide & salle.

Acheter.

Caton.

Caton disoit, qu’il estoit requis de considerer deux choses en achetant

une terre: premierement si elle estoit en bel air, & puis fertille, car

si elle n’estoit en bel air, tu acheterois maladie, & si elle n’est

fertille & feconde, pauvreté & perpetuel travail.

Perian.

Tu dois acheter pour un gain honneste & licite, non pas pour rapine &

trop grande convoitise: car la troisiesme generation ne pourroit jouir

de tes biens.

Pythag.

Sois songneux de rendre ce qu’on t’aura presté, car qui s’acquitte

s’enrichit: sois plus soucieux de rendre, que tu n’as esté de prudence.

Admonitions.

Perian.

Entens, & escoute les admonitions qu’on te fera, & ne desprise le bon

conseil de tes amis, tout ce qui est à ton utilité & honneur soit par

toy escouté.

Adoration.

S. J. iiii.

L’heure est venue que les vrais Adorateurs adoreront le Pere en esprit,

& verité, car Dieu est esprit.

Sstien.

J’ay eu crainte que ne transportasse l’honneur de mon Dieu à l’homme,

que je n’adorasse aucun sinon mon Dieu.

Act. x.

Sainct Pierre dit à Corneille qui se jettoit à ses piedz, Lieve toy, je

suis aussi moymesme serviteur de Dieu comme toy.

Apoc. ix. & xxii.

L’Ange dit à sainct Jean qui le vouloit adorer, Regarde que tu ne le

face: Je suis serviteur de Dieu avec toy, & avec tes freres qui ont le

tesmoignage de Jesus Christ.

Adversitez.

Chilo.

Chilo voyant un qui se contristoit en ses adversitez (dit) si tu

cognoissois les maux des autres, tu ne porterois les tiens si

impatiemment.

Perian.

Tu dois aucunement celer, & ne donne point à cognoistre tes adversitez,

à fin que tu ne donne occasion à tes envieux de se resjouir.

Vives.

Les adversitez de ce monde sont communes, & indifferemment peuvent

advenir à un chacun.

Perian.

C’est signe d’homme de petit courage, de se contrister beaucoup des

adversitez.

Affaires.

Bias.

N’entreprens beaucoup d’affaires temerairement, & si elles sont

commencees poursuis les avec diligence & prudence.

Agreable.

Chilo.

Sois agreable à un chacun, & te gouverne si sagement que tu plaise à

tous.

Patric.

Sois agreable à un chacun, & fay qu’en toy douceur & humanité abonde.

Agriculture.

Patric.

L’agriculture nous apporte gain honneste, & sans tromperie: qui est

necessaire pour la vie humaine.

Agriculture est chose trop plus loüable que la guerre: elle promet vie

paisible, & tranquille felicité: l’autre malheur, mort, & misere.

Adultere.

Patric.

Il n’y a rien en ce monde qui cause plus tost un divorce, & separation

de la saincte compagnie de mariage qu’adultere.

Patric.

On doit punir griefvement les adulteres, à fin que la saincte compagnie

de mariage en soit plus stable.

Affections.

Vives.

Si nous permettons noz affections regner en nous: elles nous apportent

grandes calamitez, & souvent desespoir.

Vives.

Le remede en noz affections se trouve en nous mesmes.

Ame.

Patric.

L’Ame est donnee de Dieu à l’homme, laquelle si faict bien son devoir,

refrene l’appetit, appaise l’ire, mesprise volupté, pacifie convoitise,

dompte soubs les pieds les troubles de l’esprit soubs la conduicte de

raison & prudence.

Cicero.

Dieu a engendré l’Ame, & veut qu’elle soit la gouvernante de raison.

Cicero.

Dieu ne nous a donné chose en ce monde plus digne que l’ame.

S. J. viiii.

Le Fils de l’homme n’est pas venu pour damner nostre ame, ains pour la

sauver.

Cicero.

Le corps n’est seulement que le vaisseau de l’ame.

Vives.

Le corps ayant en soy l’ame enclose, & souillee de vices & pechez, est

comme un somptueux & ellegant sepulchre, dedans lequel gist une

charrogne puante & infecte.

Cicero.

L’ame est capable et participante de raison, & rien plus excellent n’a

esté creé par le createur.

Cicero.

Les ames des hommes sont immortelles, mais celles des vertueux sont

divines.

Pythag.

Il est trop plus honneste mourir, que contaminer son ame d’incontinence

& vice.

Platon.

Ceux faillent qui estiment les vices du corps estre plus grands que ceux

de l’ame.

Cicero.

Convoitise, vaine gloire, ambition, volupté, & autres telles passions,

sont les maladies de l’ame.

Pythag.

L’ame est une compagnie de l’appetit, et de la raison, neantmoins il

faut tousjours que la raison domine, avec contemplation des choses

hautes, & ardues.

Pythag.

L’appetit doit obeir à l’ame: ou bien ne desirer rien qui ne soit licite

& honneste.

Quin.

L’ame a son origine des cieux, ainsi que les oyseaux sont naturellement

nays à voler, les chevaux à courir: aussi nous a engendré nature nostre

ame à vertu, & humanité.

Cicero.

D’autant que la force de l’ame est plus forte que celle du corps: Aussi

les choses conceues en l’ame sont plus grandes & plus hautes que celle

du corps.

Cicero.

La volupté de l’ame est plus grande que celle du corps.

Platon.

Par le corps nous ne sentons que les choses presentent, ou prochaines de

nous, mais par l’ame nous sentons les passees & futures.

Patric.

Nous pouvons aysement juger nostre ame avoir prins source & origine des

Cieux, par ce qu’elle contemple les choses celestes, predit & divine par

prudence les futures.

Sap. iii.

Les ames des justes sont en la main de Dieu & le tourment de la mort ne

les touchera point.

Amys.

Cicero.

Il n’est rien plus propre à la vie humaine & convenable à bien &

honnestement vivre, que d’avoir des amis, & de converser avec ceux qui

nous ayment.

Aristo.

Les amys sont estimez estre le refuge en nostre pauvreté & calamité.

Cicero.

Les amys doivent estre liberaux vers leurs amys, à fin d’entretenir, &

augmenter l’amitié.

Isocra.

Espreuve tes amis en tes adversitez: car ainsi que l’or s’espreuve au

feu & sur la touche, aussi en tes adversitez cognoistras si tes amys te

seront fideles.

Cicero.

Nous ne devons demander à noz amys chose qui ne soit honneste: ne faire

aussi pour eux rien qui ne soit honneste & licite.

Isocr.

Fais amys avec discretion & prudence: & lors que les auras acquis, sois

fidele, & entier vers eux.

Perian.

Ne reçoy aucun pour amy, si tu ne sçais comme il a versé au paravant

avec ses amis: car tu dois esperer qu’il sera tel en ton endroit, comme

il a esté envers les autres.

Thal.

Le proverbe est veritable qui dit que devant que faire amy, il faut

manger un muy de sel avec luy: il faut cognoistre avant qu’aymer, & non

pas aymer avant que cognoistre, le vray amy cele le secret, aide au

besoing, l’honore en sa presence, & loue en son absence: Il le convient

esprouver s’il est secret, ainsi qu’on essaye un vaisseau auquel on met

de l’eau pour sçavoir s’il contiendra le vin.

Ne dy jamais avoir amy trouvé,

Si paravant tu ne l’as esprouvé.

Pytha.

N’estime celuy ton amy, lequel te flatte: & celuy duquel tu t’es

apperceu, qu’il a pourchassé ton dommage, ou deshonneur, par ses fraudes

& calomnies, evite le comme tu voudrois fuir la couleuvre cachee

dessoubs l’herbe: telle amitié simulee ressemble à l’oyseleur, qui de

son siflet deçoit les cailles tant qu’elles se viennent empestrer aux

filets.

Pytha.

Pour petite occasion ne te fasche contre ton amy, & supporte ses

imperfections.

Chil.

Ne change beaucoup tes amys, ne cherche point leurs tables, & à leurs

calamitez sois prompt à les secourir.

Solon.

Sois pareil à tes amis en leurs adversitez, comme tu leur estois en

leurs prosperitez.

Isocra.

Tu ne dois seulement ayder & subvenir à tes amys, mais aussi par charité

secourir un chacun.

Salom.

Si tu veux entretenir ton amy, dy bien de luy, car ainsi comme loüange

est commencement d’amitié: aussi detraction est origine de haine.

Pline.

Celuy est vray amy qui ne fait point de compte de son dommage propre,

pour garder celuy de son amy.

Cicero.

L’amy ne doit point prier l’amy en demandant.

Cicero.

L’amy certain est cogneu és adversitez.

Vives.

Pour estre vray amy, il faut que tu ayme la personne, & non les biens.

Il n’est archer de garde plus fort, que le fidele amy.

Horace.

Amitié se doit suivre jusqu’à la mort.

Euseb.

Celuy ne peut estre amy des bons, qui vit si follement qu’il se rend

agreable aux meschans.

Cicero.

C’est chose loüable d’estre chery & amy des bons, mais d’estre craint &

hay, c’est chose miserable.

Amitié.

Cicero.

Si en amitié on ne demande chose licite, & honneste, il faut que la foy

& crainte de Dieu soit preferé à amitié.

Cicero.

Amitié, plaisir & grace sont les biens de paix & concorde.

Cicero.

Amitié est desirer à son amy beaucoup de bien, & prosperité: encor’ que

nul proffit ne luy en revienne.

Cicero.

Entre les choses qui sont donnees par la sapience divine, nulle n’est

plus grande, ne meilleure que l’amitié.

Quin.

Amitié entre amis esgaux est stable, entre lesquels n’y a jamais eu

experience de forces.

Plin.

Amitié est union de parfaicte volonté.

Arist.

Vraye amitié est entre les bons & vertueux.

Cicero.

Preferons amitié à toute chose, car il n’y a rien plus propre pour la

conservation de la vie humaine.

Vives.

Celuy qui reprend & rejette l’amitié, faict autant que s’il ostoit le

soleil du monde.

Cicero.

On doit honorer amitié: par ce que sans elle on ne peut vivre sans

danger ne joyeusement.

Patric.

L’amitié qui est la plus ferme & certaine, est celle qui est conjoincte

avec personnes semblables en meurs & conditions.

Vives.

Amitié ne peut estre qu’entre les bons, & vertueux.

Patric.

L’amitié qui est appuyee sur vertu, n’est point mise en oubly par longue

diuturnité, ou distance des lieux, elle ne diminue par silence, & ne se

resjouit point par soupçon ou nouvelle accointance.

Amour honneste.

Vives.

Les faits de Jesus Christ nous mettent devant les yeux le vray exemple

de ce precepte d’amour, afin que nous l’ensuivions.

Pline.

Nulle chose n’est en amour plus digne de louange que constance &

perseverance.

S. Au.

Il est meilleur d’aymer avec severité, que decevoir avec douceur.

Senec.

Qui au premier assault d’amour faict resistence, a vaincu.

Terenc.

Les petites choses croissent, & s’augmentent par amour, & les grandes se

ruinent par discorde.

Vives.

Amour faict toutes choses esgalles, personne ne cherche estre preferé

l’un à l’autre, ne s’efforce de ravir ce qui est à son amy, & rend toute

chose commune.

Vives.

Il n’est richesse plus asseuree ne plus certaine, que l’amour qu’on a

les uns aux autres.

Amour deshonneste.

Patric.

Amour est un desir insatiable, duquel quand nous en sommes rassasiez,

nous tombons en repentance.

Quin.

Les amoureux ont de coustume de juger mal des beautez, par ce que

l’amour obfusque le sens des yeux.

Platon.

Si celuy qui ayme est pauvre il est merveilleusement passionné.

Senec.

Parmy les banquets & le vin, amour brusle plus vivement.

Platon.

Platon disoit le coeur d’un amoureux mourir en son propre corps & vivre

en celuy d’autruy.

Senec.

Apres que les amoureux ont assouvy leur insatiable desir, s’en repentent

incontinent.

Anciens.

Tit. ii.

Les anciens soyent sobres, graves, prudens, charitables & patiens.

i. Tim. iii.

Ne reprens point griefvement celuy qui est ancien: mais admoneste-le

comme pere, & les jeunes comme freres.

Porte honneur & reverence aux anciens.

Aux anciens remplis de sapience,

Tu dois porter honneur & reverence.

Art.

Patric.

L’art accroist ce qui est utile à la nature.

Lact.

Les arts ont affaire de nature, d’enseignement & exercice.

Patric.

Ainsi qu’un cheval qui n’est duit ne dompté, jaçoit qu’il soit fort bien

composé et de belle corpulence, ne peut estre propice ou utile à l’usage

de l’homme: aussi celuy qui est sous art et doctrine, jaçoit qu’il soit

ingenieux, ne peut acquerir vertu.

Artisans.

Patric.

Les artisans rendent les villes riches, & font qu’elles sont frequentees

de peuples.

Argent.

Patric.

Argent est le sang & l’ame de la Republique, & celuy qui n’en a point,

chemine comme mort entre les vivans.

Avarice.

Salust.

Avarice est l’estude, & convoitise d’acumuler deniers, que nul sage ne

doit desirer.

Tit. li.

Avarice & superfluité sont deux pestes qui sont cause de la destruction

de maintes villes.

Virgile.

O maudite avarice, quel mal tant pervers induis-tu dedans le corps des

mortels?

Salust.

Avarice faict ruiner la foy & la bonté.

S. Au.

Avarice n’est pas vice de l’or, mais de l’homme usant mal de l’or.

Salom.

Les jours seront longs de celuy qui hait l’avarice.

Eccle.

Qui ayme l’argent, jamais ne s’en rassasiera, & qui ayme l’abondance,

est sans fruict.

Lu. xii.

Gardez vous d’avarice: car la vie de l’homme n’est pas aux choses qu’il

possede.

Pro. xv.

Celuy qui s’adonne à avarice trouble sa maison: mais celuy qui est

liberal, vivra.

Platon.

Le naturel d’un avaricieux est d’estre autant convoiteux d’un petit gain

que d’un grand.

Arist.

Il y a des hommes aussi avaricieux comme s’ils devoient tousjours vivre,

& les autres sont aussi prodigues, comme s’ils devoient mourir

presentement.

Audace.

Isocr.

Audace passe la mesure de force.

Plutar.

Es choses perilleuses, l’audace qui se faict avec raison est à louer:

mais l’impetuosité qui se faict sans raison est temerité.

Aumosne.

Vives.

Il n’est aumosne si bien faicte, que celle qui est distribuee aux

pauvres: fais aumosne de ce que Dieu t’a donné.

Beauté.

Vives.

Beauté du corps auquel repose un esprit ord & sale, est comme un beau

logis, ou habite un hoste laid & deshonneste.

Cicero.

Beauté s’efface ou flestrit par maladie, & s’estaint par vieillesse.

Aristo.

En fait de recommandation, la beauté a plus de valeur que toutes les

lettres missives.

Platon.

La beauté a ceste persecution, que sur toute autre chose agree & est

amiable.

Senec.

Beauté a esté dommageable à plusieurs.

Beau.

Xenop.

Le feu brusle de pres, mais le beau visage tant soit loin, enflamme &

brusle les amoureux.

Plutar.

C’est chose plaisante de contempler les belles personnes: mais de les

toucher, fort dangereuse.

Bons.

Euseb.

Celuy qui desire de plaire aux bons est bon: ou au moins à le vouloir de

l’estre, les bons ayment les bons, & les meschans ayment les meschans.

Aristo.

En faisant bien aux bons, il me semble que ce n’est donner, mais

recevoir.

Cicero.

Nul ne peut estre bon par la volonté d’autruy, mais par la sienne

propre.

Aristi.

La chose en ce monde qui est de plus grande admiration, c’est l’homme,

pourveu qu’il soit bon.

Charité.

Vives.

La charité que nous devons avoir en Dieu, est que nous preferions son

honneur à toutes choses, & que nous l’ayons en plus singuliere

recommandation que toutes autres choses.

Vives.

Tes abstinences ne te rendront point tant recommandable envers Dieu, que

charité.

Tu dois tenir tous hommes comme propres freres: te resjouir de leurs

prosperitez, te contrister de leurs adversitez, & leur ayder par

charité.

Chasteté.

Perian.

Chasteté en la femme, est la forteresse de sa beauté.

Cicer.

C’est honte de voir celuy qui doit estre le patron & exemple de

chasteté, se trouver surprins de vice.

Vives.

Entre les batailles des Chrestiens, les pires sont les brigues de

chasteté: en laquelle est la guerre perpetuelle, & ont bien peu de

victoire.

Cité.

Patric.

Nulles richesses ne tributs n’augmentent tant une Cité que quand les

citoyens sont bons amis, paisibles, unanimes, & bien affectionnez au

bien publicq. Au contraire nulles puissances ne sont assez grandes,

quand les Citoyens vacillent, & sont divisez par brigues.

Perian.

A une Cité on doit donner ordre, que peu de gens commandent & plusieurs

obeissent.

Citoyen.

Patric.

Le Citoyen qui volontiers se rend subject doit esperer que quelque jour

on luy obeira.

Patric.

Il est convenable qu’un Citoyen ne soit ne trop riche ne trop pauvre, le

pauvre ne peut rien, & le riche desdaigne ou ne veut ayder.

Clemence.

Senec.

C’est clemence de pardonner au sang d’autruy comme au sien.

Constance.

Patric.

Constance est fidelle garde de noz secrets.

Patric.

Un homme constant est tousjours en un estat, jamais ne se change, il

ayme trop mieux estre bon que d’en avoir le renom. Il n’y a point en luy

de faux semblant, ne dissimulation: il a tousjours un mesme front &

oeil.

Corps.

Vives.

Tant plus le corps est bien traicté & tant plus l’esprit est mal mené.

Vives.

Le corps doit obeir à l’esprit, l’esprit à l’entendement, &

l’entendement à Dieu.

Correction.

Vives.

Quand on t’aura corrigé, fay que la correction te profite.

Crainte.

Erasm.

Il faut que celuy qui est craint de tous, luy mesme aussi craigne

plusieurs: car celuy ne peut vivre en asseurance, qu’un chacun desire

estre mort.

Cruauté.

Cicero.

Cruauté doit estre en horreur, & clemence aymee.

Curiosité.

Arist.

Curiosité des choses nouvelles a de coustume de plustost troubler &

perdre un bien publique que le rendre meilleur.

Diformité.

Peria.

Si tu cognois estre difforme & laid, corrige telle imperfection de

nature par vertu & sagesse.

Desespoir.

Perian.

Entre les perturbations de l’ame desespoir est la pire: & la plus

horrible & espouventable, elle persuade à l’homme de se desfaire, violer

nature, rompre la compagnie de l’ame & du corps: ce qui est la chose la

plus terrible qu’on pourroit dire.

Deshonneste.

Isocr.

Pense que les choses qui sont deshonnestes à dire sont aussi

deshonnestes à faire.

Dieu.

Vives.

Il est un Dieu seul, Prince, Autheur, & Recteur de ceste machine: Et

tout ainsi qu’en la maison d’un bon pere de famille, ne se faict rien

sans son commandement, aussi ne se faict rien de bien sans la bonne

providence de Dieu.

Vives.

L’honnorer aymer, & approuver tout ce qu’il ordonne, est chose saincte,

& vertueuse & loüable.

Psal. c.

Tout homme qui aymera Dieu, obeira à ses loix, & fera sa volonté.

Vives.

C’est une chose admirable & impossible à la captivité de l’homme humain

de pouvoir comprendre sa grandeur.

Vives.

Il ne faut juger des secrets de Dieu, sinon avec reverence, craincte &

honneur.

Euseb.

C’est chose impossible de comprendre la divinité de Dieu: car nous ne

sommes point capables, avec ce corps mortel, d’exprimer une chose

invisible, & sans corps: une chose eternelle estre cogneue par celle qui

est mortelle & prend fin.

S. Je. iiii.

Dieu est charité & qui demeure en charité demeure en Dieu, & Dieu en

luy.

i. Jean i.

Dieu est la lumiere, & n’y a point de tenebres en luy.

Cicero.

On doit parler peu de la puissance de Dieu & avec crainte & reverence.

Grif.

On ne peut assez recommander & persuader aux hommes l’adoration &

honneur de Dieu, qui de sa grace nous eslargit tous biens, augmente noz

vertus, nous illumine & baille vraye intelligence de sa doctrine, verité

& parole, & par son sainct Esprit nous donne esperance de salut en la

gloire advenir.

Bias.

Tu dois bien juger de Dieu, & de la vraye Religion Chrestienne, fidele

assemblee en nostre Seigneur Jesus Christ: ne te mocque point des

ceremonies d’icelle: fuy les disputes trop curieuses, garde-toy bien par

tes paroles de prophaner le nom de Dieu.

Cami.

Vous trouverrez toutes choses bonnes estre advenues à ceux qui ont

craint Dieu, & toutes adversitez à ceux qui l’ont mesprisé.

Tertu.

Dieu Createur de toutes choses ne peut aisement estre entendu: on ne

peut parler de luy sinon avec grande difficulté.

Xenop.

Es choses prosperes ne faut oublier Dieu, ains l’avoir tousjours en la

memoire.

Platon.

La cognoissance de Dieu est vraye sapience de vertu.

Lacta.

Dieu n’est point cogneu de nous, sinon en noz adversitez.

Silvin.

Pendant que les affaires des mortels sont en danger, lors font grand

honneur à Dieu: & quand ils sont en prosperité, on ne voit plus fumer

leurs autels.

Cicero.

C’est une chose donnee de nature, & comme engravee aux esprits des

hommes qu’il est un Dieu.

Euseb.

Le Ciel, la terre, l’air, la mer, Astres, Planettes, se mouvent par le

commandement de Dieu.

Xenop.

Il y a un Dieu lequel n’est point semblable aux hommes ny en la pensee

ny quant au corps.

Cicero.

Qui est l’homme si incensé, hors du sens & entendement qui quand il

contemple les Cieux, ne juge qu’il y a un seul Dieu, & qui n’estime

toutes choses estre faictes par sa providence, & non par adventure ou

fortune.

Cicero.

Nous pouvons cognoistre Dieu par ses oeuvres.

Cicero.

Jamais homme ne fut grand, ou excellent sans inspiration divine.

Cicero.

La coustume de trop curieusement s’enquerir de Dieu est mauvaise.

Dignité.

Vives.

Dignité est la bonne reputation qu’ont les hommes d’une grande vertu.

Cicero.

D’autant que nous sommes haut eslevez en dignité, & honneur: d’autant en

devons nous estre plus humbles, & moins arrogans.

Discret.

Patric.

L’homme discret ne faict aucune chose dequoy il se puisse repentir.

Patric.

Discretion est raison de l’esprit & meur advis pour tout bien

considerer.

Druides.

Druides furent jadis Philosophes sçavans, leur vie respondoit à leurs

doctrines. Ilz ont parlé fort religieusement de Dieu immortel: Ils

persuadoient par bonnes raisons naturelles, que la mort n’estoit qu’un

passage à une vie perpetuelle & heureuse.

Eglise.

S. Aug.

L’Eglise est l’assemblee, & congregation des fidelles.

i. Ti. iii.

La maison de Dieu vivant est la colomne & fermeté de verité.

Coll. i.

Jesus Christ est le chef du corps de l’Eglise.

i. Cor. iii.

Nul ne peut mettre autre fondement en l’Eglise que celuy qui est mis,

lequel est Jesus Christ.

Psa. viii.

La verité de Dieu est l’Eglise des saincts.

Union des sentences de philosophie · 第 3 / 9 题