OFFICIER DE GÉNIE. Il ne faut pas confondre un _officier du génie_
avec un _officier de génie_. La première expression désigne le
corps où sert l'officier, et la seconde indique la qualité de son
esprit.
Je ne sais où M. Molard a pris cette distinction subtile; elle n'est
pas fondée. On dit un _officier de génie_, comme on dit un officier
_de guerre_, un officier _de marine_, un officier _de justice_.
Lorsqu'on parle en général, on supprime l'article, et l'on emploie la
préposition _de_. L'équivoque n'est à craindre que pour ceux qui ne
savent pas bien le françois. C'est à _l'homme_ et non pas à la
_profession_ qu'il faut associer les qualités bonnes ou mauvaises qui
appartiennent plus à l'un qu'à l'autre. Ainsi on ne dira pas un
général _de génie_, un officier _de génie_, un magistrat _de génie_,
pour dire qu'un général, un officier, un magistrat, ont _du génie_.
Ce seroit la même chose que si l'on disoit un général _d'esprit_, un
officier _d'esprit_, un magistrat _d'esprit_, pour dire qu'un général,
un officier, un magistrat, ont _de l'esprit_. Mais on dira très-bien,
ce général, cet officier, ce magistrat sont des _hommes d'esprit_, des
_hommes de génie_.