tapisserie qu'elle nous montre devait effectivement figurer dans
l'Hôtel du duc Louis qui l'avait payée, en 1389, au célèbre Nicolas
Bataille la somme de 1,200 fr. (Voy. Guiffrey,_Hist. de la
Tapisserie_. Tours, 1886, p. 34.)
1520 à 1531.--Florimont d'Albanie, héros principal du roman d'Aimon de
Varenne (1188), épousa la belle Romadanaple, fille de Philippe, roi de
Grèce. M. Paulin Paris (_Manuscrits françois_, V, p. 163, note) a cru
deviner dans la citation de Christine l'anagramme de Romanadaple,
mauvaise leçon que l'on trouve dans quelques passages des mss. de
Florimont qui s'accordent presque tous d'ailleurs pour donner la
véritable forme Romadanaple, c'est-à-dire Rome de Naples (Bibl. nat.,
F. fr. 353, 1374, 1376 et 1491).
1532 à 1543.--Voy. sur Durmart le Gallois _Hist. littéraire de la
France_, XXX, p. 141 à 159. Le texte de ce roman a été publié en 1873
par M. Edm. Stengel dans la _Bibliothèque du Cercle littéraire de
Stuttgart_ (116° vol.)
1544.--Cléomadès, héros du roman d'Adenet le Roi (fin du XIIIe
siècle).
1546 à 1550.--Palamède est le titre d'un important roman du cycle de
la Table Ronde.
1553 à 1559.--Christine fait allusion au roman connu sous le nom de
Petit Artus ou Artus le Restoré (Bibl. Nat. F. Fr. 761, 1431, 1432 et
12549), qui a été plusieurs fois imprimé aux XVe et XVIe siècles.
(Voy. Brunet au mot ARTUS).
1569 à 1584.--Le passage relatif à Bertrand du Guesclin doit se
rapporter aux prouesses que ce héros fit pendant le siège de Rennes
(1356-1357) et qui furent le point de départ de sa brillante renommée.
Il était alors épris de Tiphaine Raguenel qu'il épousa un peu plus
tard vers 1363. (Voy. Siméon Luce,_Hist. de Bertrand du Guesclin_, I,
p. 195 à 229 et 399 à 401, édit. in-8, Paris, 1876).
1585 à 1592.--Jean le Meingre, dit Boucicaut, maréchal de France, mort
en 1367.
Ses deux fils, dont la réputation était déjà établie à l'époque où
écrivait Christine, furent:
1° Jean II, né vers 1364, le célèbre maréchal dont nous possédons la
chronique, auteur de ballades et de rondeaux.
Toujours prêt à défendre l'honneur des dames, il fonda en 1399, à son
retour d'Orient, l'ordre de chevalerie de _la Dame blanche à l'écu
verd_ (Voy. tome I, note, p. 303). Il mourut prisonnier en Angleterre
en 1421.
2° Geoffroy, gouverneur du Dauphiné en 1399, mort en 1429.
1593 à 1601.--Louis de Sancerre, né vers 1342, nommé maréchal de
France en 1369, seigneur de Charenton, Beaumez, Condé et Luzy, chargé
du commandement de la Guyenne en 1381, dirigea l'année suivante
l'avant-garde de l'armée à la bataille de Rosebecque. Créé connétable
le 26 juillet 1397, il marcha, en 1398, contre le captal de Buch
auquel il imposa la paix. Il mourut le 6 février 1402.
1615 à 1618.--Othe de Granson (voy. ci-dessus, p. 304).
1619 à 1621.--Hutin de Vermeilles (voy. aussi plus haut, p. 303).
1627 à 1637.--Jehan de Chateaumorand était le second fils de Hugues de
Chatelus, seigneur de Chateaumorand. Il fut l'un des chevaliers les
plus distingués de son temps et suivit le duc Louis de Bourbon dans
tous les hasards de sa vie militaire, d'abord comme écuyer portant le
pennon ducal, puis comme chevalier à la tête d'une compagnie de gens
d'armes. Il fit ses premières armes vers 1371, à la détrousse d'un
aventureux partisan anglais, Michelet La Guide, puis il assista au
siège de Chateauneuf-Randon et à celui de Nantes où il commandait les
gens du duc de Bourbon. Au banquet donné le jour du sacre de Charles
VI (4 nov. 1380), l'écuyer placé sous la table où le roi tenait ses
pieds était Jehan de Chateaumorand qui fut très probablement armé
chevalier le même jour «_pour le honneur du sacre_». Puis nous le
retrouvons successivement à Vannes, où eut lieu le combat de cinq
Français contre cinq Anglais, devant Courbies les Granges et
Montvalent, où il contribue à la délivrance du Poitou[1], ensuite à
Gênes avec Boucicaut et comme négociateur de la rançon des prisonniers
de Nicopolis[2]. Enfin le maréchal Boucicaut ayant réussi en 1399 à
repousser les Turcs et à délivrer Constantinople, confia la garde de
cette ville à Jehan de Chateaumorand qui, avec les cent hommes d'armes
placés sous son commandement, résista vaillamment aux attaques de
l'ennemi[3]. A peine rentré en France en 1402, Chateaumorand retourna
en Orient à la tête de 200 hommes d'armes formant l'escorte de Manuel
qui revenait prendre possession de ses États après la défaite de
Bajazet par Tamerlan, le grand prince des Tartares.
Plus tard, lorsque l'âge l'obligea à se retirer des combats, il
rassembla ses souvenirs et sous sa dictée, un pauvre pèlerin nommé
Jehan Cabaret d'Orville, composa, en 1429, l'intéressante chronique du
bon duc Loys de Bourbon. Jehan de Chateaumorand faisait partie de
l'Association fondée par Boucicaut pour la défense de l'honneur des
dames.
1641 à 1642.--Guillaume de Montrevel, plus connu sous le nom de
L'Hermite de la Faye, fut un des plus fidèles compagnons d'armes du
duc Louis II de Bourbon. Il était, d'après une pièce du cabinet des
Titres, seigneur de Chasteaubon. (_Pièces orig._, vol. 2038). Nous le
voyons d'abord venir en aide au roi de Prusse contre les Suédois, se
distinguer au siège de Verteuil, combattre vaillamment à Rosebecque,
puis faire partie de la tentative de débarquement sur l'Angleterre qui
eut lieu en 1386; nous le retrouverons plus tard, en 1399, marchant
avec Boucicaut au secours de l'empereur grec. Il fut l'un des
exécuteurs testamentaires du duc de Bourbon qui mourut le 19 août
1410[4].
1653 à 1664.--Charles d'Albret (voy. tome I, p. 302).
1665 à 1676.--Jehan de Werchin, sénéchal de Hainaut (voy. tome I, p.
307 et plus bas p. 311).
1677 à 1682.--Raoul de Gaucourt, seigneur d'Argicourt et en partie de
Luzarches, chambellan du roi, faisait partie de l'Hôtel en 1388 et
accompagna la même année Charles VI dans son expédition en Allemagne
contre le duc de Gueldre. Il fut ensuite désigné pour remplir
plusieurs missions lointaines et reçut le 16 août 1397 une somme de
1,000 écus en récompense de ses services. En 1399 il fut charger de
traiter des affaires de la reine Yolande d'Aragon, plus tard nous le
retrouvons au service du duc de Bourbon, puis marchant au secours de
Boucicaut, gouverneur de Gênes. Nommé bailli de Rouen, il périt dans
une sédition qui éclata dans cette ville en 1417. Raoul de Gaucourt
avait épousé Marguerite de Beaumont, dame de Luzarches, fille de Jean
de Beaumont, chevalier. Il était le frère d'Eustache de Gaucourt,
grand Fauconnier de France. (P. Anselme, VIII, p. 370).
1683 à 1688.--Charles de Savoisy, seigneur de Seignelay, conseiller et
premier chambellan du roi, grand échanson de France, fut élevé à la
cour de Charles VI dont il était chevalier d'Honneur en 1388. Il
servit en Poitou en 1397 à la tête d'une compagnie de treize écuyers,
mais il est surtout connu par les fâcheuses aventures dont il fut
victime: ayant commis l'imprudence de faire maltraiter chez lui le
procureur de l'Hôtel du roi venu pour arrêter un de ses domestiques,
il n'échappa aux poursuites qu'en vertu de lettres de rémission du 23
janvier 1402. Quelque temps après, il fut déclaré responsable des
outrages et des coups dont ses gens s'étaient rendus coupables le 14
juillet 1404 envers quelques écoliers de l'Université de Paris.
Cependant, malgré ces incidents compromettants, Charles de Savoisy
resta toujours fort bien en cour et exerça la charge de grand Échanson
de 1407 à 1413, puis devint premier chambellan du roi en 1418. Il
mourut vers 1420. (P. Anselme, VIII, p. 548).
1689 à 1693.--Bernard de Castelbajac (voy. tome I, p. 304).
1694 à 1698.--Pierre de Brebant, dit Clignet (voy. tome I, p. 306).
[1] Chronique du bon duc Loys de Bourbon, édit. Ghazaud, 1876, p. 153
et suiv.
[2] Chroniques de J. Froissart, édit. Buchon, III, p. 293, et Livre
des faicts du Mareschal Boucicaut, 1re partie, chap. XXVIII.
[3] Chronique du Religieux de Saint-Denys, III, 51.
[4] Chronique du bon duc Loys de Bourbon, p. 64, 145, 172, 185 et 314,
et Livre des faicts du Mareschal Boucicaut, 1re partie, chap. XXX.
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DES TROIS JUGEMENS
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