Pétersbourg le 10 janvier 1809.
Madame,
J'ai reçu les différentes lettres que vous avez bien voulu m'écrire,
dont la dernière par M. de Périgord, et je vous en remercie mille et
mille fois. Vous ne doutez sûrement pas, Madame, combien les preuves de
votre amitié me sont chères. Mon attachement pour vous est aussi sincère
qu'il est invariable.
Les moments que j'ai passes près de vous à Löbikau m'ont laissé des
souvenirs bien agréables et j'aime à croire que je jouirai encore du
bonheur de vous revoir.
M. de Périgord a augmenté encore, pendant son séjour ici, l'estime que
je lui portais déjà! C'est un jeune homme charmant, rempli d'excellentes
qualités et bien fait pour faire le bonheur d'une femme. Je désire
beaucoup que Votre Altesse et la jeune princesse le jugiez de même et
que cette union tant désirée puisse réussir. C'est Périgord que je
charge de vous remettre, Madame, ces lignes et vous supplie de me
conserver votre souvenir auquel je tiens tant.
Recevez en même temps l'assurance réitérée de tous les sentiments que je
vous ai voués pour toujours.