A la pièce charmante que l'on vient de lire, et que signerait un vrai
poëte, nous en joindrons une autre d'un caractère différent, et où, à
défaut de l'élégance du langage, dit le P. A. Martin (_Pèlerinage de
Sainte-Anne d'Auray_), des marins bretons ont su laisser une empreinte de
la mâle énergie de leur foi. C'est un cantique composé par des matelots de
la paroisse d'Arzon qui eurent le bonheur d'échapper presque seuls au
massacre de l'équipage, grâce à leur confiance en sainte Anne.
«Ce cantique, dont l'air caractéristique est de ceux que les peuples
n'oublient jamais, est encore solennellement chanté par la paroisse
entière, lorsque au jour anniversaire de la délivrance de ses anciens
enfants, elle vient en pèlerinage renouveler à la sainte ses sentiments de
reconnaissance et d'amour.»