IV

A la pièce charmante que l'on vient de lire, et que signerait un vrai

poëte, nous en joindrons une autre d'un caractère différent, et où, à

défaut de l'élégance du langage, dit le P. A. Martin (_Pèlerinage de

Sainte-Anne d'Auray_), des marins bretons ont su laisser une empreinte de

la mâle énergie de leur foi. C'est un cantique composé par des matelots de

la paroisse d'Arzon qui eurent le bonheur d'échapper presque seuls au

massacre de l'équipage, grâce à leur confiance en sainte Anne.

«Ce cantique, dont l'air caractéristique est de ceux que les peuples

n'oublient jamais, est encore solennellement chanté par la paroisse

entière, lorsque au jour anniversaire de la délivrance de ses anciens

enfants, elle vient en pèlerinage renouveler à la sainte ses sentiments de

reconnaissance et d'amour.»

La Bretagne. Paysages et Récits. · 第 31 / 41 题