III

Tout le monde connaît le _Barzaz-Breiz, chants populaires de la Bretagne_,

publiés par M. de la Villemarqué. Nous en détachons une seule pièce, les

_Fleurs de mai_, douce et touchante élégie, composée par deux jeunes soeurs

paysannes, et traduite avec naïveté et grâce en vers français par M. Émile

Grimaud.

«Un poétique et gracieux usage (dit M. de la Villemarqué), existe sur la

limite de la Cornouaille et du pays de Vannes: on sème de fleurs la couche

des jeunes filles qui meurent au mois de mai. Ces prémices du printemps

sont regardées comme un présage d'éternel bonheur pour celles qui en

peuvent jouir, et il n'est pas une jeune malade dont les voeux ne hâtent le

retour de la saison des fleurs, si les fleurs sont près d'éclore, ou

l'instant de sa délivrance, si elles doivent bientôt se flétrir.»

La Bretagne. Paysages et Récits. · 第 26 / 41 题