Tout le monde connaît le _Barzaz-Breiz, chants populaires de la Bretagne_,
publiés par M. de la Villemarqué. Nous en détachons une seule pièce, les
_Fleurs de mai_, douce et touchante élégie, composée par deux jeunes soeurs
paysannes, et traduite avec naïveté et grâce en vers français par M. Émile
Grimaud.
«Un poétique et gracieux usage (dit M. de la Villemarqué), existe sur la
limite de la Cornouaille et du pays de Vannes: on sème de fleurs la couche
des jeunes filles qui meurent au mois de mai. Ces prémices du printemps
sont regardées comme un présage d'éternel bonheur pour celles qui en
peuvent jouir, et il n'est pas une jeune malade dont les voeux ne hâtent le
retour de la saison des fleurs, si les fleurs sont près d'éclore, ou
l'instant de sa délivrance, si elles doivent bientôt se flétrir.»