Je tiens ses mains; je la presse sur mon cœur;
J’essaye d’emplir mes bras de sa beauté; de butiner son doux sourire
sous mes baisers; de boire avidement son regard sombre.
Hélas! où est tout cela? Qui peut violenter l’azur du ciel?
Je veux étreindre la beauté; elle m’échappe; le corps seul reste dans
mes mains.
Déçu et fatigué, je reprends ma route.
Comment le corps toucherait-il la fleur, que seul l’esprit peut
toucher?
L
Mon aimée, mon cœur, nuit et jour, brûle de te rencontrer comme on
rencontre la mort dévorante.
Que je sois balayé par toi comme par une tempête. Prends tout ce que
j’ai; détruis mon sommeil et ravis mes rêves. Dérobe-moi ma vie.
Par cette dévastation, par ce dépouillement total de mon âme, devenons
un seul être de beauté...
Hélas! mon désir est vain. Où est l’espoir de communion complète sinon
en toi, mon Dieu?