Vous m’avez quitté et vous avez continué votre route.
Je croyais que je pleurerais sur vous et que j’enchâsserais dans mon
cœur votre image tissée en une chanson d’or pur.
Mais hélas, triste fortune, le temps est court.
La jeunesse pâlit d’année en année.
Les jours du printemps sont fugitifs.
Un rien fait mourir les frêles fleurs et le sage me dit que la vie n’est
qu’une goutte de rosée posée sur la feuille du lotus.
Dois-je oublier tout ceci pour chercher celle qui s’est détournée de
moi?
Ce serait folie, car le temps est court.
* * * * *
Venez, nuits pluvieuses aux pieds mouillés, souriez mon automne d’or;
venez avril nonchalant, qui répandez vos baisers au loin.
Venez tous!
Mes amours, vous savez que nous sommes mortels.
Est-il sage de briser son cœur pour celle qui emporte le sien? Non, car
le temps est court.
* * * * *
Il est doux d’être assis dans un coin solitaire, de rêver et d’écrire en
vers que vous êtes toute ma vie.
Il est héroïque de chérir sa propre douleur et d’être décidé à ne pas
s’en consoler.
Mais un frais visage guette à ma porte et lève les yeux sur moi.
Je ne peux qu’essuyer mes larmes et changer l’accord de mon chant.
Car le temps est court.