X. Parisien de Paris.[230]

[230] Le signataire de cette curieuse lettre est un industriel connu.

_l'intermédiaire_

D'où venaient les propositions faites à Arnold d'abord, et, par lui,

ensuite, à la Commune, d'entrer en pourparlers avec les Prussiens?[231]

[231] Maxime Du Camp (_Convulsions_, 8e édition, I. 293) nie

formellement l'incident Delescluze. Il n'ignore pas la deuxième

démarche d'Arnold, mais il ne sait rien de ce qui se passa à la

porte de Vincennes. Il traite de «déposition erronée», le récit,

pourtant exact, bien que malveillant, d'un sieur Reculet, qui a

assisté à la scène du refus de passage par les gardes. (Voir _Enquête

Parlementaire_, 18 mars, édit. en un vol., p. 522).

Malon, dans la _Troisième Défaite du Prolétariat français_ (page 454),

dit que «le secrétaire de M. Washburne[232] vint offrir à la Commune

une proposition émanée des Prussiens pour un arrangement entre les

Versaillais et les fédérés».

[232] M. Washburne était alors ambassadeur des Etats-Unis à Paris. Il

avait fait, avec son secrétaire particulier, Mac-Kean, de nombreuses

démarches pour faire mettre en liberté Monseigneur Darboy.

M. Washburne a formellement nié qu'aucun membre du personnel de la

légation des États-Unis eût été mêlé à ces pourparlers.

Mais pourquoi Malon, qui assistait à la séance que tinrent à la mairie

du onzième les vingt membres de la Commune encore présents, a-t-il

nommé le secrétaire de M. Washburne?

Pourquoi aurait-il inventé cette fable?

Le secrétaire particulier de l'ambassadeur des États-Unis était

alors M. Mac-Kean, nommé à plusieurs reprises par M. Washburne dans

la brochure relatant ses démarches en vue de l'élargissement de

l'archevêque de Paris.

M. Mac-Kean, qui avait accompagné M. Washburne dans toutes ses visites

(à Cluseret, à Raoul Rigault) n'aurait-il pas, à la dernière heure,

sans prendre conseil de M. Washburne, conçu le projet dont parle Malon?

J'ai interrogé Arnold, qui, lui, ne se souvient pas du nom de Mac-Kean.

Ce côté de l'incident reste donc encore assez mystérieux.

_je ne veux plus vivre!_

Peu importe.

Ce qu'il faut retenir, c'est le désespoir, la honte de Delescluze,

soupçonné, injurié par les combattants de la dernière heure, traité de

lâche et de fuyard...

Lui!

--Je ne veux plus vivre! répétait-il à la porte de Vincennes.

Et à Ferré, qu'il rencontra à son retour à la mairie du onzième:

--Je suis épuisé...

Dès cet instant, sa résolution fut prise de marcher à la mort...

Mes cahiers rouges au temps de la Commune · 第 69 / 109 题