5 avril 1896.

Le courrier du mois de février vient de me parvenir. Le coupable n'est

toujours pas démasqué.

Quelles que soient mes souffrances, il faut que la lumière se fasse;

donc, arrière toutes les plaintes!

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* *

Extraits des lettres de ma femme reçues le 5 avril:

Paris, 11 février 1896.

Je n'ai pas encore reçu tes lettres du mois de décembre; je ne me

plaindrai pas des tortures que me fait endurer ce retard, c'est

inutile, personne ne peut comprendre à quel point les souffrances

causées par l'inquiétude sont vives; il n'y a rien de plus atroce que

d'être privé des nouvelles d'un être que l'on sait très malheureux, et

dont la vie m'est cent fois plus chère que la mienne propre...

Souvent, dans mes heures de calme, je me demande pourquoi nous sommes

si éprouvés, pour quelle raison nous sommes appelés à supporter un

supplice à côté duquel la mort serait douce...

Paris, 18 février 1896.

Je suis toujours sans nouvelles de toi; cependant je sais que les

lettres que tu m'as écrites sont au ministère depuis plus de trois

semaines; je suis bien impatiente de les avoir et de recevoir enfin ma

consolation de chaque mois, chaque retard apporté dans le courrier me

cause de pénibles émotions...

Paris, 25 février 1896.

A l'instant même où je terminais ma dernière lettre pour le départ du

courrier, on m'apporte enfin tes lettres. Merci de tout coeur de ton

admirable fermeté, des lignes si rassurantes que tu m'envoies...

Cinq années de ma vie, 1894-1899 · 第 115 / 171 题