13 décembre 1895.

On finira certainement par me tuer à force de souffrances, ou par

m'obliger à me tuer pour échapper à la folie. Je laisserai l'opprobre

de ma mort au commandant du Paty, à Bertillon, à tous ceux qui ont

trempé dans cette iniquité.

Chaque nuit, je rêve à ma femme, à mes enfants. Mais quels terribles

réveils! Quand j'entr'ouvre les yeux, que je me vois dans ce cabanon,

j'ai un moment d'angoisse tellement horrible, que je voudrais fermer les

yeux à jamais, pour ne plus voir, pour ne plus penser.

Soir.

Spasmes violents du coeur, nombreux étouffements.

Cinq années de ma vie, 1894-1899 · 第 87 / 171 题