Je n'ai pas encore reçu le courrier du mois d'octobre. Journée lugubre,
pluie incessante. Le cerveau se rompt, le coeur se brise.
Le ciel est noir comme de l'encre, l'atmosphère embrumée; vraie journée
de mort, d'enterrement.
Combien souvent me revient à l'esprit cette exclamation de
Schopenhauer, qui, à la vue des iniquités humaines, s'écriait:
«Si Dieu a créé le monde, je ne voudrais pas être Dieu.»
Le courrier venant de Cayenne est arrivé, paraît-il, mais n'a pas
apporté mes lettres. Que de douleurs!
Rien à lire, rien pour échapper à mes pensées. Ni livres, ni revues ne
me parviennent plus.
Je marche dans la journée jusqu'à épuisement de forces, pour calmer mon
cerveau, pour briser mes nerfs.