AMOUR D'AUTOMNE

I

L’enchanteresse de Thulé

A ravi mon âme en son île

Où meurt, tel un souffle exhalé,

Le regret de l’heure inutile.

Je crois qu'on pleure autour de moi,

Prince dont la magique épée

Par la main des femmes sans foi

Se brisa, vierge d’épopée.

C’est la fuite des étendards

Le long de la mauvaise route

Aux cris des barbares hagards

Traquant mon armée en déroute.

Qu’importe?--Alors qu'au seuil des cieux

Je pourrais conquérir la Lance,

Posez vos doigts lourds sur mes yeux,

O vous, les trois Soeurs du Silence!

L’encens des jours s’est exhalé:

Pourquoi pleurer l’heure inutile?

L’enchanteresse de Thulé

A ravi mon âme en son île.

Petits Poèmes d'Automne · 第 9 / 37 题