Elle a donc des yeux, un nez, des oreilles, une bouche; la tête se
dessine du front au menton et depuis les joues jusqu’à la nuque et
jusqu’à la racine des cheveux. C’est une belle chose qu’une tête de
femme, librement inscrite dans le cercle esthétique,
Et qui traverse la vie avec tous ses sens aux aguets vers leurs
nourritures naturelles, le front vers le vent mouillé de pluie, les
narines vers l’odeur des bourgeons, des lilas et des cœurs, l’ouïe
vers les murmures de la vie et les chuchotements des désirs,
Les yeux vers la beauté des choses et de toutes les créatures, vers
les couleurs et vers les rousseurs, vers les structures infléchies et
celles qui s’étendent en voûtes et en dômes,
Vers les volutes de l’air, des nuages et de la fumée, vers ce qui
remue, ce qui joue, ce qui rit, ce qui danse la danse fraternelle.
C’est une belle chose qu’une tête de femme.