Sous les cheveux, au-dessus des yeux et de leurs sourcils, s’étend le
front où on dit que s’élabore la pensée. Mais on pense aussi avec les
mains, avec les genoux, avec les yeux, avec la bouche et avec le cœur.
On pense avec tous les organes, et à vrai dire,
Nous ne sommes peut-être que pensée, que matière pensante et matière
électrique. Mais l’invisible convient à l’invisible. Tirons le rideau
du front sur le mystère du front. L’apparence seule m’appartient. La
plaine du front a une sorte de vie extérieure
Et lumineuse. Elle se plisse comme une surface d’eau et s’éclaire
comme une étendue de sable. Inattaquable, le front est sensible. Il
est doux de sentir à son front le contact
Des mains fraîches que l’on aime, mais l’amant ne baise pas l’énigme
du front. Il cherche des parties plus molles, élastiques et
confortables. L’amant s’adresse d’abord à la bouche.