IV

Comme tous les corps vivants, celui-là est posé sur sa base; elle est

formée de deux colonnes fuselées qui s’épanouissent de deux racines

charnues, leur lien avec la terre et le médiateur le plus complaisant

de leur connaissance de la terre.

Tous les corps dépendent de la terre, excepté la lumière, cette eau

qui vient d’en haut et qui ne tombe pas en bas, mais qui plane sur la

vie et l’enveloppe d’un manteau aérien, où elle se blottit un temps

contre la mort

Et contre la terre dont elle a peur. Mais il faut que les corps se

familiarisent avec la terre et c’est pourquoi la nature a voulu qu’ils

s’appuient tendrement sur elle

Par leurs pieds ou par leur ventre, jusqu’à ce que sa bonté se fende

et s’ouvre avec une tendresse enfin réciproque et reçoive ses enfants

dans son sein.

V

Mais ceci m’indique bien que ce n’est pas le commencement. Le

commencement est ce qui est le plus près de la lumière, ce qui sourit

d’abord à la lumière, ce qui s’y baigne, y flotte, y nage, s’y épand

avec une joie simple.

Je commencerai donc ma topographie par les cheveux. Précisément, ils

participent du soleil par leur couleur et de l’air par leur légèreté.

On pourrait les respirer comme l’air du matin quand le soleil joue

avec les feuilles nouvelles.

Quelle plus magique initiale imaginerait-on pour écrire le mot du

poème? Les cheveux d’air et de lumière, de soie et de soleil! Et voyez

comme ils se lient

Avec aisance aux autres hiéroglyphes qui sont la bouche et toute la

face. La chevelure crée la figure et en dessine la limite.

Lettres à l'Amazone · 第 61 / 97 题