Mon Cher Ajalbert,
Les fêtes arlésiennes pour le cinquantenaire de Mireille et
l’inauguration du palais du Félibrige auront lieu à la Pentecôte... Je
n’ai pas oublié que vous nous aidâtes de tout cœur à hâter la
désaffection de ce vieux collège d’Arles, que j’ai payé à la ville
40.000 francs de mon argent de poète. Ne parlons pas du reste, je veux
dire de la restauration du dit collège et de son appropriation au
Muséon Arlaten! c’est le prix Nobel qui en fait les frais. Les travaux
sont terminés et le transfert des collections provençales a lieu
actuellement.
Et maintenant, plaignez-moi: assister de mon vivant à l’érection de ma
statue est la plus effroyable tuile qui pût me tomber sur la tête, et
je donnerais tout ça pour un déjeuner d’amis, tels que Jean Ajalbert,
sous les peupliers blancs des bords du Rhône...
Mais, puisqu’il faut que tout se paye, résignons-nous donc, et vive
Provence!