Il y a quelques années, une brochure intitulée _les Méconnus_ mettait en
relief l’incohérence des calomnies versées sur ceux que traquaient des
lois iniques. A grands traits elle esquissait la beauté du renoncement
religieux, elle en montrait la nécessité; elle prouvait par des faits,
par des chiffres, l’utilité sociale de ces méconnus.
Les lois sont allées plus loin, et, poursuivant leur œuvre de
désagrégation, ont frappé des hommes restés jusqu’ici des «inconnus»;
des jeunes hommes que le public ignore assez pour ne pas soupçonner leur
belle tenue morale.
Ces inconnus, quels sont-ils? Ce livre répondra à la question, et l’idée
qui l’a inspiré se dégagera des lettres et des notes intimes d’un jeune
séminariste; il les écrivit pendant les trois années écoulées entre son
arrivée au séminaire et sa mort.
Une âme, dont les aspirations tendent toujours au même but, se répète
forcément dans l’analyse de ses sentiments, mais quand ces redites
expriment l’effort touchant d’énergies qui veulent se maintenir en haut,
elles prennent un accent qui parle au meilleur de notre être.
Loin d’affaiblir notre émotion, elles l’augmentent.