26 mars.

Des nouvelles arrivées de Chine disent qu'à l'entrée du Peïho les glaces

fondent; donc ce sera d'un moment à l'autre, le départ, et nous comptons

les jours de grâce qui nous restent, nous sentant plus japonisés que

nous ne pensions, à l'heure de tout quitter.

Ma petite amie Pluie-d'Avril est venue aujourd'hui me faire visite à

bord, accompagnée de la vieille dame qu'elle appelle grand'mère. Une

visite tout à fait bon enfant et sans cérémonie; elle avait pris un

costume qui, pour elle, était plutôt simple, mais où tout de même de

grandes fleurs aux nuances fantastiques s'étalaient sur fond ivoire.

Elle est si connue, et d'ailleurs si bébé, que messieurs les agents de

police la laissent aller et venir. A bord, les matelots aussi la

connaissent, et disent: «Voilà le petit chat qui arrive.»

Aujourd'hui, elle s'est intéressée à nos canons; qui aurait cru cela, et

où la préoccupation de la guerre va-t-elle se nicher? «Nos bateaux, à

nous Japonais, en ont-ils de pareils? Est-ce que ceux des Russes peuvent

tuer aussi loin?» Oh! qu'elle était drôle, à côté de l'une de ces

grosses pièces du _Redoutable_, que deux canonniers s'étaient amusés à

lui ouvrir, et fourrant sa petite tête dedans, avec son beau chignon,

pour examiner les rayures.

La troisième jeunesse de Madame Prune · 第 65 / 97 题