15 février.

A la réflexion, cette maison si austère, au bout de la montée du

Yochivara, m'intriguant davantage, je m'en suis d'abord ouvert à 233,

qui est un observateur subtil:

--Peuh! m'a-t-il répondu, une boîte comme les autres!... Seulement c'est

des bonnes femmes qui fait sa duchesse et sa marquise; ça ne reçoit pas

le pauv' matelot.

Cette première appréciation ne m'ayant pas suffi, j'ai eu recours aux

lumières de M. Marouyama, notre interprète officiel, un jeune Japonais

aussi érudit que mondain, et très au courant des choses galantes.

--Monsieur, m'a-t-il dit, c'est en effet une maison habitée par des

dames, et où les messieurs sont admis à venir chercher le soir quelques

distractions payantes. Mais toutes les pensionnaires sont des jeunes

personnes d'excellente famille et principalement de race noble, que des

revers momentanés ont contraintes à se faire une position; aussi leurs

salons demeurent-ils très fermés, et nos regrettables préjugés nationaux

s'opposent à ce que les étrangers y soient reçus.

De l'aveu même de M. Marouyama, ces jeunes personnes sont plutôt moins

jolies que les autres et encore plus dépourvues d'yeux, mais si

distinguées! Lettrées pour la plupart et même poétesses, sachant

apporter dans la conversation, dans le flirt, le badinage, et en général

dans tout ce qui concerne leur partie, un ton, une allure absolument

hors de pair.

La troisième jeunesse de Madame Prune · 第 54 / 97 题