18 décembre.

J'ai revu aujourd'hui ce jardinet de madame Renoncule, ma belle-mère,

dont le seul aspect suffisait jadis à me donner le spleen.

Et je l'ai revu tout pareil, aussi maladif, dans sa pénombre, entre ses

vieux murs. Ses arbres nains, qui paraissaient déjà centenaires, n'ont

ni changé, ni grandi d'une ligne. Tel bouquet de petits cèdres avortons,

que je me rappelle si bien, de petits cèdres qui n'ont pas deux pieds de

haut, se mire toujours dans le lac en miniature, dont la surface est

ternie de poussière. La même teinte, verdâtre et comme moisie, est

restée aux rocailles nostalgiques, dans les recoins sans soleil....

Il y a toujours un étonnement à retrouver, dans des pays très éloignés,

et après de longues années qui ont été remplies pour vous d'agitations

et de courses par le monde, à retrouver de pauvres petites choses

demeurées immuables, d'infimes petites plantes qui continuent de végéter

aux mêmes places.

La troisième jeunesse de Madame Prune · 第 14 / 97 题