J'avais repris mes occupations et encore une fois perdu le souvenir
agaçant de ce personnage quand, au matin d'un des premiers jours de
novembre, je reçus une dépêche qui me causa une indicible émotion.
Elle était signée du docteur F..., et ainsi conçue:
«Mon enfant se meurt. Je fais appel à tous mes amis. Venez.»
Je bondis hors de mon fauteuil et, quelques instants après, je sautais
dans une voiture dont le cocher, alléché par la promesse d'un fort
pourboire, fouettait vigoureusement son cheval.
Je ne puis dire que cette dépêche me surprenait. Cachée sous les
préoccupations de chaque jour, dont je me faisais un rempart contre les
visions du ressouvenir, il était une pensée latente dont il me semblait
que cette nouvelle fût l'explosion.
La silhouette de M. Vincent, gravée dans les lobes de mon cerveau, se
liait invinciblement à celle d'un enfant, de cette pauvre fille que
j'avais vue là-bas, morte avant d'être mourante, et qui m'avait laissé
cette impression--absolument nulle au point de vue de la science
vraie--d'un arrachement de la vie, de la force animique.
Et voici que, cette fois encore, l'apparition de ce centenaire, entêté
à vivre, se confondait avec celle d'un enfant, si vigoureux, paraît-il,
six mois auparavant, et mourant aujourd'hui!
Si long que fût le trajet, je n'en eus pas conscience, tant j'étais
absorbé dans mes méditations, et, quand la voiture s'arrêta, quand le
cocher, étant descendu, ouvrit la portière en me criant: «Bourgeois,
nous y sommes!» je descendis en chancelant comme un homme ivre, ne
sachant ni où j'étais, ni où j'allais.
Ce fut instinctivement, et rien qu'instinctivement, que, salué par le
concierge, je m'engageai dans la longue allée d'ormes qui conduisait au
bâtiment principal.
Lorsque j'arrivai au perron, un infirmier, qui semblait faire
sentinelle, me reconnut: sans même me demander mon nom, il me précéda
dans la maison et, ouvrant une porte, m'introduisit dans un salon où,
du premier coup d'oeil, je reconnus quatre de mes confrères, sans doute
appelés comme moi par dépêche, et qui me serrèrent silencieusement la
main.
Après un court temps de silence que je ne cherchai pas à troubler,
incapable que j'eusse été de prononcer deux mots sensés, un d'eux prit
la parole.
Ils avaient examiné l'enfant. Tous avaient constaté que les organes
étaient sains et qu'ils ne présentaient aucun caractère de nature à
faire redouter un dénouement fatal. Cependant, en dépit de ce diagnostic
qui leur était commun, ils ne se dissimulaient pas que la situation
était grave: il y avait dans le pauvre petit comme une exhaustion
(ce mot me frappa) des facultés vitales, et cela sans qu'une lésion
appréciable expliquât cette dégénérescence.
A ce moment, le père nous rejoignit: il était dans un état de désespoir
qui faisait peine à voir. Ayant perdu deux ans auparavant une femme
qu'il adorait, il avait reporté toutes ses affections sur ce petit être
qu'un mal inconnu lui enlevait tout à coup. Il m'aperçut, vint à moi,
voulut me parler: mais, empêché par les sanglots qui emplissaient sa
gorge, il me prit par la main et m'entraîna.
Un instant après, j'étais auprès du lit; et muet, glacé, je
reconnaissais avec horreur ces mêmes apparences qui, il y avait dix ans
de cela, avaient laissé dans mon esprit un trouble ineffaçable. L'enfant
ne bougeait plus, semblait exsangue. C'était un épuisement total, comme
si tout son sang eût coulé par une blessure invisible: et l'illusion
était si complète que je demandai, en balbutiant, au pauvre père s'il
n'y avait pas eu une hémorragie.
Il me répondit à voix basse. L'enfant n'avait subi aucun accident: cet
effet de dépression s'était produit lentement; puis tout à coup, en
ces derniers jours, l'accélération du mal avait pris des allures
foudroyantes. Pourtant l'avant-veille encore il courait dans le jardin.
--M. Vincent vit toujours? demandai-je soudainement, obéissant à une
impulsion dont je ne fus pas le maître.
J'aurais juré qu'une autre personnalité que la mienne avait parlé par ma
bouche, tant ces mots avaient jailli à mon insu.
Le père ne parut pas surpris de ma question.
--Oui, et il est bien désolé! Il aimait tant mon petit Georges, qui
lui rendait bien son affection, d'ailleurs, car il ne voulait pas
le quitter. Il a fallu l'emporter pour l'amener ici, et, malgré sa
faiblesse, il résistait encore. C'était comme une attraction à laquelle
il ne voulait pas se soustraire... Mais qu'importe M. Vincent? Examinez
l'enfant, et dites-moi--oh! je vous en prie!--dites-moi qu'on le
sauvera...
Je n'avais pas le courage de proférer ce généreux mensonge: car, si
encore mes confrères pouvaient conserver quelque espoir, moi... est-ce
que je pouvais douter? Et pourtant!... une idée encore obscure, germait
dans mon cerveau.
Nous restions ainsi tous deux, le père n'osant plus me questionner, dans
la crainte d'entendre tomber de mes lèvres l'arrêt de désespérance; moi
n'osant me laisser entraîner dans la voie mystérieuse où je me sentais
invinciblement glisser.
Tout à coup des lèvres de l'enfant, une faible voix, comme un souffle,
s'échappa:
--M. Vincent! soupirait-il.
--Vous voyez, il veut voir encore son ami, dit le père.
Mais je m'étais déjà élancé vers la fenêtre... et, les rideaux écartés,
je vis passer dans une allée cet homme que surveillaient deux infirmiers
et qui se dirigeait vers la maison.
Je poussai un cri:
--Sur votre vie, clamai-je en m'adressant au père, ne quittez pas votre
enfant d'une seconde, et, quoi que je fasse, quoi qu'on vienne vous dire
de moi, dites que j'agis par votre ordre.
--Mais que voulez-vous dire?
--N'oubliez pas... par votre ordre!
Et sans m'expliquer davantage, car je voyais l'enfant qui peu à peu se
soulevait, je m'élançai dehors.
Sur le seuil du perron, je vis M. Vincent qui se disposait à monter.
--Je vous défends de faire un pas en avant! lui dis-je violemment, en le
saisissant par le bras.
--Qui êtes-vous? Que me voulez-vous? dit-il.
Et se tournant vers les infirmiers qui s'étaient arrêtés interdits:
--Je veux parler à votre maître...
--Et moi, je vous répète que vous ne passerez pas. J'agis d'après les
ordres du docteur F... lui-même, qui ordonne que vous soyez réintégré à
l'instant dans votre pavillon.
Je me nommai aux infirmiers, qui ne jugèrent pas à propos de me
désobéir; d'ailleurs, j'avais passé solidement mon bras sous celui du
vieillard et je l'entraînais rapidement, il n'était pas de force à me
résister.
--Vous, dis-je à l'un des deux hommes, allez auprès de votre maître et
dites-lui que je serai de retour dans une demi-heure; ajoutez que je
tente un suprême effort pour sauver son enfant.
Nous étions arrivés au pavillon. Je fis entrer M. Vincent et nous nous
trouvâmes seuls, tous deux, dans le petit jardin sur lequel les arbres
étendaient la voûte de leurs feuilles automnales.
Enfin je me trouvais donc en face de cet homme!... Je le regardai.
Il était très pâle et, dans sa face blanche et bouffie, ses yeux
semblaient deux trous noirs et brillants.
Nous restâmes ainsi quelques instants, l'un devant l'autre, comme deux
ennemis qui s'examinent avant le combat. J'étais en proie à une colère
qui me faisait trembler, mais qui devait communiquer à mon regard un
éclat excessif. Car ses yeux, à lui, semblaient fuir les miens.
Tout à coup, j'étendis le bras vers lui, et, lui touchant l'épaule:
--Monsieur Vincent de Bossaye de Thévenin, lui dis-je, vous êtes un
assassin!
Il ne répondit pas; mais cette fois il me regarda à son tour, bien à
plein.
--Oh! n'essayez pas de me fasciner, repris-je en ricanant. Je ne suis
pas un enfant... moi, et vous ne me tuerez pas...
Il releva la tête d'un air de défi.
--Que me voulez-vous? dit-il; je ne vous connais pas...
--Mais je vous connais, moi! monsieur Vincent. Vous souvenez-vous d'une
pauvre mère (je lui citai la rue et la date) qui, il y a dix ans, vint
chercher un médecin pour un enfant, une jeune fille qui se mourait?...
Vous souvenez-vous que ce médecin vous rencontra dans la première
pièce... et cela...
J'accentuai chaque mot distinctement, lentement:
--... Alors qu'une minute auparavant, en entendant le bruit de vos pas,
la malheureuse avait tenté un dernier effort pour aller à vous et était
retombée morte dans mes bras...
--Ah! c'était vous! fit M. Vincent.
--Oui, c'était moi qui vis aussi ce phénomène étrange: la métamorphose
presque instantanée d'un homme vigoureux, au teint frais, aux allures
relativement vigoureuses, en un vieillard brisé, pâli, écrasé.
--Continuez.
--Vous souvenez-vous encore que ce soir-là vous avez tenté d'amener une
brave femme, la concierge de la maison que vous habitiez, à vous confier
son enfant...
--Elle refusa. C'est exact...
--Il y a dix ans de cela... et je vous retrouve ici, encore vivant, vous
que la mort guette et menace... Vivant... tandis que là haut un
enfant se meurt, sans lésion intérieure, sans maladie scientifiquement
appréciable... Or, comprenez-vous maintenant, monsieur Vincent, pourquoi
je vous ai empêché d'entrer dans cette maison où vous vous introduisiez
pour voler sur les lèvres de l'agonisant le dernier souffle de vie
auquel la vôtre est attachée?...
--Entrons! dit M. Vincent en me désignant la porte du pavillon.
Il parlait avec une parfaite simplicité, sans irritation. Je lui obéis,
et nous nous trouvâmes dans un cabinet dont les murs disparaissaient
sous des rayons de livres.
Il me désigna un siège, s'assit à son tour et me dit:
--Que supposez-vous?...
J'avais recouvré mon calme: je constatai que je n'obtiendrais rien de
cet homme par intimidation. Aussi repris-je avec plus de sang-froid:
--Je ne suppose pas... je sais...
--Quoi?...
--Vous vous livrez depuis votre jeunesse, depuis près d'un siècle, aux
pratiques du magnétisme. Quels sont vos moyens d'action, je l'ignore. La
science actuelle découvre en ce moment les lois de l'hypnotisme et de
la suggestion; mais elle n'a encore obtenu aucun des résultats que
vous recherchez et que vous avez atteints. Je m'empare de vos propres
paroles. Votre science, à vous, est criminelle: «elle centuple la
terrible inégalité qui fait, dans la lutte pour la vie, les vainqueurs
et les vaincus». Je pars de votre aveu, je m'en empare et je vous dis
que vous êtes un assassin! Osez me dire que je ne suis pas sur la voie
de la vérité...
M. Vincent laissa tomber sa tête dans sa main, parut réfléchir pendant
quelques instants, puis, se redressant, il reprit:
--Pourquoi ne vous ai-je pas rencontré plus tôt?
--Regretteriez-vous d'aventure de ne m'avoir point appris votre
abominable science?...
--Nulle science n'est abominable, reprit-il gravement. Le scalpel aux
mains du chirurgien peut être un outil de meurtre; l'hypnotisme et la
suggestion dont vous me parlez peuvent être des instruments de crime...
--Votre science, à vous, n'est que criminelle...
--Ne dites pas cela. Entre elle et l'usage que j'en ai fait, il y a
toute la distance qui sépare le bien du mal, le remède du poison...
--Vous avouez donc!
--J'avoue. Aussi bien je me fais horreur à moi-même moins en raison des
crimes commis, que de la lâcheté qui m'a poussé à les commettre...
--La lâcheté de vous être attaqué à des enfants!
--Non, ce n'est pas cela. La lâcheté de n'avoir pas voulu mourir.
--Expliquez-vous, car il me semble que je suis emporté dans un
cauchemar.
--Oui, je veux parler. Seulement j'exige de vous un serment...
--Lequel?
--Vous êtes homme de science. Je vais vous révéler le secret suprême,
mais vous prenez l'engagement solennel de ne jamais en user vous-même...
--Ai-je besoin de jurer de n'être point criminel?
--Et de ne jamais le révéler à personne...
--Je vous le jure.
--Eh bien, écoutez-moi. Il y a en l'homme trois périodes distinctes:
l'une de rayonnement, c'est l'enfance jusqu'aux extrêmes limites de
l'adolescence; la seconde, de consommation, qui va jusqu'à la fin de
l'âge mûr; puis la troisième, de réduction, qui est la vieillesse et se
termine par la mort.
«De l'organisme vivant, de l'homme surtout, qui est jusqu'ici la plus
complète expression de la vie, s'exhale pendant la première période le
trop-plein de la vitalité. L'enfant absorbe plus de fluide vital qu'il
n'en consomme, et de tout son être rayonne une force en excès. Dans la
seconde période l'être consomme autant qu'il absorbe. C'est l'équilibre
des forts. Dans la vieillesse, cet équilibre est rompu; la résorption
est inférieure à la consommation, la dépense vitale est supérieure à
l'acquisition, d'où la faiblesse, d'où la mort.
«Maintenant, en l'état actuel de la science, il vous paraît impossible,
n'est-il pas vrai? qu'un homme, un vieillard, puisse rompre ces lois
de la nature et, par des pratiques spéciales, voler à l'enfant, par
exemple, ces effluves vitaux qui sont en excès, et même, par une sorte
d'endosmose, attirer à lui tout le fluide dont une partie seule, celle
extérieure, serait à sa disposition immédiate. Là est pourtant la
vérité. Oui, je suis un criminel, oui, je suis un assassin, car depuis
quarante ans je procède, nouvel Eson, à un rajeunissement perpétuel de
moi-même. Oui, j'ai tué des enfants, mais non pas, comme les ignorants
le pourraient croire ou comme l'avait follement inventé Jean-Henri
Cohausen dans son _Hermippus redivivus_, en absorbant l'air qui
s'échappe des poumons de l'enfant, ou bien encore à la façon des
Vudoklacks légendaires en suçant leur sang... non pas, mais en attirant
à moi le fluide vital qui s'échappe en excès de tout leur organisme...
«Ah! si j'avais eu le courage de m'en tenir là! Mais, je vous l'avoue,
il n'est pas d'ivresse plus profonde, plus attrayante, plus follement
heureuse que celle-là! Quand dans les membres refroidis pénètre ce
fluide chaud et vivifiant; quand l'imbibition s'accomplit, pénétrant
les pores, se glissant à tous les organes, c'est la jouissance inouïe,
entière, absolue... c'est la sensation de la résurrection, si un cadavre
pouvait se sentir renaître!...
«Et toujours je me criais: «Arrête-toi, mais arrête-toi donc!» et
toujours mon être tout entier continuait à boire ces effluves... Et je
tuais! et j'assassinais!... ne conservant pour tout remords qu'une soif
inassouvie!...
«Par les doigts, par le regard--oh! par le regard surtout--s'exerce
cette attraction qui donne à la victime une sensation d'abandon de
soi-même, non douloureuse, mais délicieusement enivrante!...»
Il parlait! il parlait toujours, le misérable vieillard, ayant dans la
voix, dans les yeux la volupté d'un spasme... et je ne l'interrompais
pas, par épouvante peut-être... que sais-je?...
Et lui, sentant que j'étais dominé par son horrible et sublime infamie,
il me disait tout: quelles passes devaient exécuter les mains, quelle
direction il fallait donner aux regards; et je l'écoutais, enfouissant
au plus profond de mon âme ces enseignements hideux qui m'enivraient
comme une liqueur vénéneuse!...
--Et maintenant que j'ai tout dit, s'écria-t-il enfin, il faut que je
meure... Conduisez-moi auprès de l'enfant!
--Horrible vieillard! m'écriai-je. Veux-tu donc que je te serve de
complice!
Il se pencha à mon oreille et, en vérité, il me sembla que sa voix était
comme une liqueur subtile qui coulait en moi...
--Toi que j'ai initié, me dit-il, ne comprends-tu pas que _notre_
science nous donne également le pouvoir de la restitution? Je ne vis que
de ce que j'ai volé à cet enfant, et je t'ai dit que je voulais mourir.
Et je lui obéis. Je n'aurais pas pu ne pas lui obéir.
Tous deux nous remontâmes le perron; tous deux nous pénétrâmes dans la
maison; tous deux nous entrâmes dans le salon où les quatre médecins
causaient encore à voix basse, et de là dans la chambre où agonisait
l'enfant...
L'enfant, qui avait reconnu le pas de M. Vincent et qui s'était soulevé,
les yeux tournés, les bras tendus vers lui...
C'était l'instant suprême, l'instant atroce dont je me souvenais, et qui
avait précédé, comme le coup précède la souffrance, la mort de la jeune
fille.
Les médecins étaient entrés derrière nous; le père s'était dressé, ne
comprenant pas, mais ayant, comme les désespérés, l'espoir du miracle.
Je vis le corps de l'enfant osciller, hésiter entre deux mouvements,
l'élan ou le recul.
M. Vincent le regardait de ses pupilles agrandies, et il s'avançait
lentement, les mains inertes en apparence, mais actives... pour moi,
pour moi qui savais tout.
L'enfant se recoucha doucement. M. Vincent s'approchait toujours. Enfin,
il posa sa main sur le front du petit malade. Et soudain je vis--oh! je
n'en peux douter--une poussée de rose s'étendre sur son visage, éclairer
ses lèvres, en même temps qu'une lueur s'allumait au fond de ses yeux
éteints. Et je comprenais bien, moi... moi seul! Cet homme _réinjectait_
en l'enfant la vie qu'il lui avait volée...
--Votre enfant est sauvé, dit le vieillard d'une voix qui n'était plus
qu'un souffle.
Puis, se tournant vers les médecins et se redressant légèrement:
--Messieurs, dit-il, vous porterez témoignage que le docteur de Bossaye
de Thévenin, le dernier élève de Mesmer, a ressuscité un mort...
Disant cela, il chancela et il serait tombé à terre si je ne l'avais
soutenu.
--Emportez-moi, me dit-il tout bas, là-bas au pavillon.
Je le soulevai dans mes bras. Ce corps n'avait plus de poids, et je le
déposai sur son lit.
Là, obéissant à son ultime désir, je restai auprès de lui, et il
me parla longtemps, longtemps, d'une voix qui allait toujours
s'affaiblissant, et il me confia des choses que jamais oreille mortelle
n'avait entendues et qui me faisaient frissonner.
Ces choses, je les sais et je ne puis les oublier: et j'ai peur de la
vieillesse qui vient et qui peut rendre criminel!
L'enfant vécut.