SOLUTION DES QUESTIONS PROPOSÉES DANS L'AVANT-DERNIER NUMÉRO.

I. La figure que nous donnons ici est la coupe longitudinale de la table

et de l'appareil employés pour maintenir le seau à l'état d'équilibre.

[Illustration.]

A est la tablette qui forme le dessus de la table; CBD est le bâton

auquel ou suspend le seau par son anse HF, de telle sorte que cette anse

soit inclinée et que le milieu du seau soit en dedans du rebord de la

table. GFE est un autre bâton que l'on a coupé d'une longueur telle

qu'en l'appuyant contre l'angle intérieur G du seau, contre son bord

supérieur F et contre une entaille pratiquée un E au-dessous du premier

bâton CD, il maintienne l'axe, du seau vertical. Il est facile de voir

que ces dispositions donneront lieu à un équilibre parfait.

Car d'abord, en supposant l'anse I H maintenue dans la position inclinée

qu'on lui a donnée, le seau, ayant son axe vertical, serait en

équilibre, et pour donner une fixité complète à cette position de l'anse

par rapport au seau, le bâton G F E suffit évidemment. Il ne reste donc

plus qu'une condition à remplir: c'est que le bâton C D ne tende pas à

basculer ni à glisser le long de la table A. Or, on y a satisfait

évidemment en ayant eu soin d'incliner assez le seau pour que son axe,

qui est vertical, ne tombe pas en dehors du bord de la table.

On peut exécuter, d'après le même principe, quelques autres tours du

même genre.

Soit, par exemple, un crochet recourbé DFG, comme on le voit sur la

gauche de notre figure, portant un poids G. Ce crochet ainsi chargé sera

tenu en équilibre, si on pose au-dessous de son extrémité supérieure un

petit bâton ou un bout de planche de telle sorte que la verticale,

passant par le point de suspension du poids G, tombe en dehors du rebord

de la table par rapport au point où pose le crochet. Ainsi, le petit

bâton, qui, sans cela, aurait pu tomber, est maintenu par le poids même

dont on le charge à l'aide du crochet.

On voit, dans ce qui précède, la solution d'un problème de mécanique

appliquée, paradoxal en quelque sorte: «Un corps tendant à tomber par

son propre poids, l'empêcher de tomber, en y ajoutant un poids

précisément du côté où il tend à tomber.» Tout l'artifice consiste à

faire réellement agir le poids que l'on ajoute en sens contraire de

celui où il est ajoute.

II. Il est évident que pour que la chose soit possible, il faut que ces

femmes vendent au moins à deux différentes fois et à différents prix,

quoiqu'à chaque fois elles vendent toutes ensemble au même prix; car, si

celle qui avait le moins de perdrix en a vendu un très-petit nombre au

prix le plus bas et qu'elle ait vendu le surplus au plus haut prix,

tandis que celle qui en avait le plus grand nombre en avait vendu la

plus grande partie au plus bas prix et n'a pu en vendre qu'un petit

nombre au plus haut, il est clair qu'elles auront pu faire des sommes

égales. Il s'agit donc de diviser chacun des nombres 10, 25, 30, en deux

parties telles que, multipliant la première partie de chaque par le

premier prix, et la seconde par le second, la somme des deux produits

soit partout la même.

Ce problème est indéterminé et susceptible de dix solutions différentes.

Il est d'abord nécessaire que la différence des prix de la première et

de la seconde vente soit un diviseur exact des différences 15, 20, 5,

des trois nombres de perdrix donnés. Or, le moindre diviseur de ces

trois nombres est 5; c'est pourquoi les prix doivent être 6 et 1

décimes, ou 7 et 2 décimes, ou 8 et 3 décimes, etc.

En supposant que les deux prix soient 6 et l'on trouve sept solutions

différentes, comme on le voit dans le tableau suivant:

Première vente Deuxième vente Prod. lot.

1re femme 4 perdrix à 6 dec. 6 perdrix à 1 dec. 30 dec.

2e 1 24 30

3e 0 30 30

Ou bien:

1re femme 5 5 35

2e 2 23 35

3e 1 29 35

Ou bien:

1re femme 6 4 40

2e 3 22 40

3e 2 28 40

Ou bien:

1re femme 7 3 45

2e 4 21 45

3e 3 27 45

Ou bien:

1re femme 8 2 50

2e 5 20 50

3e 4 26 50

Ou bien:

1re femme 9 1 55

2e 6 19 55

3e 5 25 55

Ou bien:

1re femme 10 0 60

2e 7 18 60

3e 6 24 60

Si l'on suppose que les deux prix soient 7 et 2, on aura encore les

trois solutions suivantes:

Première vente Deuxième vente Prod. lot.

1re femme 8 perdrix à 7 dec. 2 perdrix à 2 dec. 60 dec.

2e 2 23 60

3e 0 30 60

Ou bien:

1re femme 9 1 65

2e 3 22 65

3e 1 29 65

Ou bien:

1re femme 10 0 70

2e 4 21 70

3e 2 28 70

Il serait inutile d'essayer 8 et 3 et tout autre nombre; on n'en

pourrait tirer aucune solution.

L'Illustration, No. 0040, 2 Décembre 1843 · 第 14 / 15 题