XIV.

Le gouvernement des Bourbons avait M. de Marcellus le père à

récompenser; il fut heureux, à peu près à l'époque où il me recruta

moi-même pour sa diplomatie future, d'enrichir ses cadres d'un nom,

d'une jeunesse et d'un talent qui promettaient un ministre à sa cause.

M. de Marcellus fut attaché à l'ambassade de Constantinople sous M. le

duc de Rivière. Le duc de Rivière avait été un des serviteurs du long

exil des Bourbons, mais serviteur actif, dévoué, ayant joué sa vie

pour sa cause; l'ayant perdue dans l'affaire de Georges Cadoudal, et

ayant obtenu la vie du premier consul, à condition de ne plus

conspirer.

Le duc de Rivière était, comme M. de Polignac, un de ces monuments de

fidélité chevaleresque, que Louis XVIII et le comte d'Artois étaient

heureux de montrer à la jeunesse royaliste de 1825 dans les grandes

places, comme des preuves vivantes de la mémoire des princes

restaurés.

M. de Marcellus plut du premier coup à cet ambassadeur, obtint toute

sa confiance et toute son affection.

M. de Rivière autorisa son jeune secrétaire à passer par l'île de Milo

pour y négocier l'acquisition de ce beau morceau de marbre appelé

depuis la Vénus de Milo. À son retour, M. de Rivière la garda à son

compte et l'offrit au roi Louis XVIII à la fin de son ambassade.

On se récria sur sa perfection; elle règne sur nos musées

provisoirement, reine des marbres, jusqu'à ce qu'un nouveau Marcellus

la détrône par un autre hasard de découverte et de popularité; car

est-il probable que la statue de Scopas, ou d'un autre, ait été

reléguée dans l'antiquité païenne sur la petite île de l'archipel au

lieu de décorer Athènes, Corinthe, Olympie, Éphèse? La poussière de

ces capitales du culte et de l'art ne nous a pas tout dit.

Cours familier de Littérature - Volume 13 · 第 227 / 256 题