XXXV.

«On peut dire de la sculpture grecque qu'elle domine et régit

l'architecture, comme elle est ailleurs dominée et régie par elle. Ici

l'architecture reçoit la loi du beau, comme la sculpture.

«C'est sans doute la raison pour laquelle Vitruve établit entre les

proportions du corps humain et les lois de l'architecture une

analogie, fausse peut-être au point de vue scientifique, réelle au

point de vue esthétique. Cette idée même de proportion qui éclate

comme la lumière dans toutes les oeuvres de l'art grec, et qui donne à

l'architecture un caractère de perfection inconnu auparavant, semble

suggérée à l'esprit par la contemplation du corps humain, ce

chef-d'oeuvre vivant de convenance et d'harmonie.

«C'est à la forme humaine que semble empruntée cette symétrie, qui

n'est pas la symétrie froide de notre architecture classique moderne;

c'est à la forme humaine sans doute, bien plutôt qu'à la nature

inanimée, que les architectes grecs ont dû la pensée de ces courbes

dont j'aurai plus tard à parler, et qui corrigeaient par je ne sais

quoi d'organique la sécheresse de la géométrie. Dans leur enthousiasme

pour la beauté de l'homme, après lui avoir autant que possible ravi

l'ondulation de ses lignes si harmonieusement balancées, ils ont été

jusqu'à revêtir de couleurs leurs édifices, afin de mieux imiter la

nature par une apparence de vie.

«En Grèce, les statues ne sont pas faites pour l'ornement des temples,

mais bien les temples pour le logement des statues.»

Cours familier de Littérature - Volume 13 · 第 174 / 256 题