Pour connaître le sort des maîtres des humains,
Mon art ne m'est pas nécessaire;
C'est sur le front des rois que je lis leurs destins:
L'oracle est sûr, et mon art doit se taire.
A l'aspect de ce jeune roi,
L'avenir se dévoile à mes yeux sans mystère;
Son sort est d'être heureux, d'être aimable, de plaire,
Et tous les cœurs l'ont prédit avant moi.
Peuple, à qui sa présence est chère,
En ces lieux retenez ses pas;
Un roi qu'on aime et qu'on révère
A des sujets en tous climats:
Il a beau parcourir la terre,
Il est toujours dans ses états[30].
[30] Ces vers furent chantés en présence du roi de Danemarck,
pour lequel ils avaient été composés en 1768, pendant le séjour
de ce monarque à Paris.
SUR L'ÉLECTION DE MM. LEMIERRE ET DE TRESSAN, A L'ACADÉMIE
FRANÇAISE.
Honneur à la double cédule
Du sénat dont l'auguste voix
Couronne, par un digne choix,
Et le vice et le ridicule.
SUR LA TRAGÉDIE DE CORIOLAN, PAR LAHARPE, DONT LES COMÉDIENS
DONNÈRENT UNE REPRÉSENTATION AU BÉNÉFICE DES PAUVRES, LE 3 MARS
1784.
Pour les pauvres la comédie
Donne une pauvre tragédie;
Nous devons tous en vérité
Bien l'applaudir par charité.