Il est une fleur bien aimée de Marie, originaire des Cieux, mais
cependant acclimatée sur la terre. Ce fut un ange qui le premier
l'offrit à la Vierge de Nazareth, _Ave Maria_, fleur mystérieuse, nul
soleil de la terre ne pouvait t'épanouir, et nul aquilon ne pourra te
faner. Je t'ai cueillie lorsque je bégayais à peine, _Ave Maria_, et
chaque jour encore je t'effeuille; _Ave Maria_ c'est le salut de
bienvenue, le cantique des Anges et des hommes. _Ave Maria_, fleur
durable des divins jardins, les choeurs angéliques en tressent à jamais
d'éternelles couronnes, et lorsque Gabriel, l'offrit à Marie, il lui
annonçait l'Enfant-Dieu, cette rose mystique de grâce et de bénédiction
qui devait fleurir d'abord et mourir ensuite pour nous. _Ave Maria_.
Ah! quand viendra-t-il ce jour, où dépouillant son enveloppe mortelle,
notre âme s'ouvrira à l'éternelle lumière? Quand viendra-t-il ce jour,
où, délivrés des tentations, des inquiétudes, des misères de cette vie,
nous pourrons franchir ton enceinte, ô Jérusalem céleste! Quand nous
mêlerons-nous à la foule bienheureuse des élus? Nous croyons et elle
voit, nous espérons et elle possède, nous sommes dans la tristesse, elle
est dans la joie, nous souffrons, elle jouit, nous craignons, elle est
dans l'assurance, nous combattons, elle triomphe.
Ah! quand viendra-t-il ce jour de l'éternel repos! _Ave Maria_.