La vie est comme le rosier, qui, offrant ses fleurs l'été, n'a plus
l'hiver que des épines.
Hélas! nous mourons moralement bien des fois dans la vie, mais n'est-ce
pas la manière que Dieu prend pour nous en détacher petit à petit;
autrement la secousse serait trop brutale; si nous étions parfaitement
heureux ici-bas nous ne penserions pas au bonheur du Ciel et ne
voudrions plus mourir!...
La vieillesse, n'ayant plus d'avenir, se réfugie dans le passé; elle vit
de ses souvenirs, comme la jeunesse vit de ses espérances.
Croire, c'est opposer la conviction au doute, c'est arracher le
désespoir au coeur et y planter l'espérance.
Chaque jour est un pas fait vers l'Éternité.
Que notre Charité s'inspire des préceptes du Maître plein de douceur et
de bonté; accompagnons nos aumônes d'un regard bienveillant, d'une
parole amie. Ne soyons pas comme ces gens généreux qui répandent leurs
bienfaits de la plus mauvaise grâce du monde.
Qu'est-ce que le temps? C'est l'étoffe dont la vie est faite.
Travaillons, employons bien notre temps, utilisons cette vie de la terre
que Dieu nous prête, afin d'acquérir cette vie ineffable, que Dieu donne
pour toujours au Ciel.
La mort de ceux qu'on aime et le chagrin usent plus que les années.
La mort, ce grand inconnu de l'au-delà, le terme suprême, est la fin de
tout, l'empoisonnement à petit feu, à petites doses des joies de la vie.
Sans les espérances infinies d'une vie meilleure, d'une vie supérieure
en Dieu, celle-ci ne vaudrait pas la peine d'être vécue. Mais Dieu est
là, et comme l'a dit Mme Craven: la vie est toujours belle pour
quiconque y cherche autre chose que son propre bonheur.
Il n'y a plus de respect humain, c'est fini de cette chose bête. On se
montre ce qu'on est. Le chrétien ne rougit plus, mais se glorifie du
Christ. Oui, le respect humain est mort et bien mort, Dieu merci. Le
respect mondain existe encore et existera toujours, mais il ne s'occupe
guère que des usages et de la mode et cela est de médiocre importance,
au point de vue de l'âme et de l'Éternité.
La mémoire, «ce portefeuille de l'intelligence», comme l'appelle
Montaigne, est avant tout un don naturel.
La vie est un beau et doux rêve qui n'aboutit trop souvent qu'à d'amères
et décevantes réalités.
Une femme sans esprit est une fleur sans parfum.
La vie, hélas! n'est pour personne une moisson de roses.
Le bonheur est comme une liqueur exquise, deux ou trois gouttes de
vinaigre suffisent à la corrompre, de même deux ou trois gouttes
d'amertumes suffisent pour empoisonner les félicités de l'existence.
Vouloir traverser la vie sans s'appuyer sur Dieu, c'est faire fausse
route et prendre le chemin qui conduit à l'abîme.
La Vie en elle-même est une belle personne; le fâcheux est qu'elle soit
trop souvent mal costumée, si mal fagotée même, qu'elle finit par
devenir tout à fait désagréable.
L'obéissance est une grande qualité très rare chez les petits enfants et
peut-être, plus rare encore, chez les grands enfants, devenus hommes.
Le monde n'a de stable que son instabilité.
Vouloir expliquer les mystères de la vie et de la mort, vouloir pénétrer
les secrets de la création, vouloir comprendre l'éternité et sonder
l'infini, vouloir creuser le passé où se sont ensevelies tant de
générations humaines, tant de civilisations évanouies, c'est commencer
la grande étude des problèmes qui n'ont pas de solution ici-bas.
Croire, c'est chasser la haine du coeur pour la remplacer par l'amour;
c'est mettre dans sa coupe, le baume à la place du fiel; c'est déposer
ses désirs dans la main de son père et soumettre son âme à sa volonté
sainte et parfaite. Croire, c'est apaiser le tumulte des passions, dans
une paix profonde; c'est mettre la consolation à côté du chagrin et
l'espérance amie, auprès du désespoir. Croire, c'est voir, au delà de la
mort, l'indestructible vie et remplacer le doute par la certitude et la
confiance. C'est opposer la saine et consolante doctrine du Christ, aux
philosophies babeliennes de l'antiquité et aux théories aussi fausses
que décevantes du rationalisme moderne. C'est porter la lumière au
milieu des ténèbres.
Croyons! Aimons! Prions!