GUERRE DE CENT ANS

1

Je vais vous conter l'histoire

De la guerre de Cent ans:

Sous nos drapeaux la victoire

Était bien rare en ce temps;

Sur l'Anglais nos chevaliers

L'emportaient par la vaillance,

Mais ils manquaient de prudence,

Tous ces valeureux guerriers.

2

La cause de cette guerre,

Fut qu'un vassal trop puissant

Avait conquis l'Angleterre,

Pour nous c'était menaçant,

Ce redoutable voisin,

Oui, ce terrible Guillaume,

Non content de son royaume,

Voulait encore le Vexin.

3

Léonore de Guyenne

Mécontenta son époux,

Qui renvoya la vilaine,

Dans son trop juste courroux;

Avec elle, elle emporta

Son beau duché d'Aquitaine,

La Gascogne et la Guyenne;

Et Louis VII le regretta.

4

Léonore épouse ensuite

Un Plantagenet d'Anjou,

Qui devint roi par la suite,

Et lui porte le Poitou;

Lui qui possédait déjà

Tout le beau pays du Maine,

Avec la riche Touraine.

Quel vassal nous aurons là!

5

Sur la couronne de France

L'Anglais croit avoir des droits:

Bientôt la guerre commence

Sous le premier des Valois.

À l'Écluse, il est battu,

À Crécy, désastre immense,

À Calais pas plus de chance,

À Poitiers tout est perdu.

6

Ce temps ne fut pas sans gloire,

Car dans le pays Breton,

Beaumanoir eut la victoire

Sur trente Anglais de renom.

Ah! ce combat glorieux,

Dans les malheurs de la France,

Fut un signe d'espérance;

Honneur à ces trente preux.

7

Jean II malgré sa bravoure,

Dut se rendre au Prince Noir.

Mais de respect il l'entoure,

Le félicitant d'avoir

Si vaillamment combattu,

Dans la terrible mêlée.

Honneur, en cette journée,

Au vainqueur, comme au vaincu.

8

L'Anglais fort de nos défaites

Envahit notre pays,

Avec tambours et trompettes

Il vient menacer Paris;

Mais il en fut pour ses frais,

Car le sage roi de France

Lui fit forte résistance,

Sans sortir de son palais.

9

Alors un grand capitaine,

Aussi brave que malin,

Bientôt nous tire de peine:

C'est l'illustre Duguesclin.

Il fait reculer l'Anglais,

Et punit son insolence

Trois ports lui restent en France,

Bordeaux, Bayonne et Calais.

10

Hélas! il meurt dans sa gloire,

En assiégeant un château,

Mais avec lui la victoire

Semble descendre au tombeau:

Les Anglais vont de nouveau

Souiller le sol de la France,

Charles six est en démence,

Et la Reine est Isabeau!

11

Après un affreux désastre,

Par un indigne traité,

On voit Henri de Lancastre

Roi de France proclamé;

Mais le Ciel vient au secours

Du jeune Dauphin de France:

Jeanne d'Arc enfin s'avance

Et l'Anglais fuit pour toujours.

12

Qu'il est beau de voir en guerre,

Cette humble fille des champs,

Entrer avec sa bannière,

Dans la cité d'Orléans;

À Patay, l'on voit plier

Talbot, l'Anglais intrépide;

Et la bergère timide,

Fait le guerrier prisonnier.

13

Mais la perfide Angleterre,

À Compiègne, peut saisir

Notre héroïque bergère,

Et la condamne à périr.

Ah! devant un tel malheur,

Faut-il que le roi de France

Ait gardé lâche silence!

Était-ce d'un noble coeur?

14

Enfin s'achève la guerre,

Par deux combats glorieux.

Nous lançons sur l'Angleterre

Cent autres guerriers fameux;

Le combat de Formigny,

Grâce à notre artillerie,

Nous rendit la Normandie,

Et fit oublier Crécy.

15

De Castillon la victoire

Rend la Guyenne aux Français,

C'est là que tombe avec gloire

Le célèbre Achille Anglais,

Enfin nous avons la paix.

Après cette affreuse guerre,

Il ne reste à l'Angleterre

Que la ville de Calais.

Le journal d'une pensionnaire en vacances · 第 28 / 68 题