Comment Louis, forcé par la nécessité, voulut conclure un traité
d’amitié avec Henri, roi d’outre-Rhin, et que celui-ci ne voulut y
consentir qu’avec l’intervention de Guillaume, marquis des
Normands. — Par où Louis, ayant supplié instamment le duc, obtint
par lui le secours et l’alliance qu’il recherchait auprès du roi
Henri.
POUSSÉ à bout par la méchanceté des Francs, le roi Louis envoya
des députés à Henri, roi d’outre-Rhin, lui demandant une entrevue
pour conférer avec lui de certaines choses et conclure un traité
de solide amitié. Ce roi répondit qu’il ne voulait consentir à ce
traité qu’avec la garantie du duc Guillaume. Ayant appris cette
réponse par ses envoyés, Louis alla tout de suite trouver le duc
pour lui demander son assistance contre les Francs, qui
l’attaquaient. [p. 67] Le duc le reçut honorablement, comme il
convient de recevoir un roi, et lui promit de lui prêter secours
en toutes choses. En outre ils demeurèrent quelque peu ensemble,
passant joyeusement leur temps au milieu de festins royaux. Ayant
envoyé en avant le chevalier Tedger auprès du roi Henri, le duc et
le roi Louis partirent aussitôt après, avec une grande armée, pour
se rendre à la conférence, et emmenèrent avec eux pour la même
affaire Hugues-le-Grand et Héribert, princes des Francs. Ils
marchèrent rapidement vers le fleuve de la Meuse, et les deux rois
se rencontrèrent au lieu qui s’appelle Veuséde: Henri dressa ses
tentes sur l’une des rives du fleuve, et Louis s’arrêta en face,
sur l’autre rive, avec son armée. Guillaume, aussi fidèle que
rempli de sagesse, donnant d’utiles et honorables conseils,
conclut entre eux un traité d’amitié tel que les deux rois le
sanctionnèrent l’un et l’autre par leurs sermens. De là Louis s’en
retourna en France avec les siens, et rendit au duc mille actions
de grâces pour ses bons offices.