Le système des moyennes, si souvent trompeur, semble particulièrement
défectueux quand on l'applique à la comparaison des diverses saisons.
M. Angot, directeur du bureau central météorologique, propose donc une
nouvelle méthode pour comparer les températures des différents hivers,
surtout au point de vue de leur influence sur les phénomènes agricoles.
Il fait remarquer que les moyennes mensuelles sont insuffisantes, car le
mois de février, par exemple, peut, comme en 1913, donner une
température moyenne à peu près normale, tout en ayant présenté deux
parties absolument différentes, l'une chaude et humide, l'autre froide
et sèche. De même l'examen des températures extrêmes ne permet pas de
déductions certaines.
L'influence des froids sur la végétation dépendant à la fois de leur
intensité et de leur durée, M. Angot fait, pour chaque mois, la somme
des températures minima quotidiennes inférieures à 0°. Pour huit mois de
l'année, octobre à mai inclusivement, le total est en moyenne 198°,7,
soit 200° en chiffres ronds. Mais, d'une année à l'autre, ce total varie
dans des proportions considérables: 52° en 1872-1873 et 588º en
1879-1880; il semble donc que de tels écarts permettent une
classification assez exacte.
M. Angot a dressé un tableau résumant les observations faites au parc
Saint-Mauv pendant quarante ans, soit depuis l'hiver 1872-1873 jusqu'à
1911-1912. Les quatre hivers donnant les totaux les plus forts sont les
suivants:
1879-1880....... -588°
1890-1891....... -447
1894-1895....... -412
1887-1888....... -323
Les quatre hivers les moins froids ont donné des sommes très faibles:
1872-1873........-52°
1883-1884........-59
1911-1912........-61
1876-1877........-75
Les trente-deux autres hivers de la période considérée ont donné des
sommes comprises entre 100° et 300°.
L'hiver actuel 1912-1913, d'octobre à mars inclus, a donné 73°,5, ce qui
classe l'année courante au moins au quatrième rang dans la liste des
hivers où il y a eu le moins de gelée.