LA GRÈVE GÉNÉRALE EN BELGIQUE

Une crise politique et économique d'une gravité exceptionnelle: la grève

générale organisée par la population ouvrière pour obtenir le suffrage

universel pur et simple, immobilise depuis lundi toute l'industrie

belge, et contraint les pouvoirs publics à tenir sous les armes toutes

les forces militaires du royaume.

Déjà, il y a onze ans, en 1902, 300.000 ouvriers abandonnèrent le

travail dans le but de contraindre le Parlement à accepter le principe

d'une révision constitutionnelle avec établissement du suffrage

universel pur et simple. La Chambre résista énergiquement et bien qu'il

eût été décidé comme aujourd'hui que la grève serait pacifique, il y eut

deux émeutes à Bruxelles, des attentats à la dynamite et, partout, des

troubles assez redoutables pour que les directeurs du mouvement,

effrayés, prissent l'initiative du désarmement. Aujourd'hui, les

conditions sont autres. Les éléments modérateurs n'ont plus sur la masse

ouvrière leur autorité de jadis. D'autre part, la grève suit au lieu de

précéder l'examen et le rejet par la Chambre de la proposition de

revision constitutionnelle. Enfin, l'organisation pour la lutte a fait,

dans les milieux ouvriers, l'objet d'une lente et minutieuse

préparation.

Il y aurait aujourd'hui 370.000 grévistes, ce qui représente en salaires

une perte de plus de 2 millions par jour. Quant aux pertes commerciales,

on peut prévoir qu'elles seront énormes, la valeur des produits des

industries belges de la houille, des métallurgie» et des carrières

dépassant aux prix actuels 4 millions par jour.

[Illustration: LA GRÈVE GÉNÉRALE BELGE.--Le double avis aux travailleurs

et aux soldats, placardé au fronton de la Maison du Peuple de

Bruxelles.]

[Illustration: LA GUERRE ILLUSTRÉE PAR UN COMBATTANT.--Attaque et

destruction du réseau barbelé de Mal Tepe (Maslak) dans la nuit du 24 au

25 mars. _Croquis communiqué à nos envoyés spéciaux, Georges Scott et

Gustave Babin, par son auteur, un simple soldat bulgare du 23e régiment

d'infanterie, S. Stoianof, qui prit part à l'assaut; dans la vie civile,

il est instituteur de village._]

"L'ILLUSTRATION" A ANDRINOPLE

(SUITE DES CORRESPONDANCES DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL)

L'Illustration, No. 3660, 19 Avril 1913 · 第 15 / 52 题