Le pâtissier se nomme _darioleur_ (Argot du peuple). _N._

=DARON=: =V.= _Dabe_.

=DARONNE=: Mère; dans le peuple on dit la _dabuche_ (Argot du peuple).

=DAUF=: =V.= _Paf_.

=DAUDÉE= (Passer à la): Souteneur qui _floppe_ sa _marmite_ quand elle

ne rapporte pas de _pognon_ (Argot des souteneurs). _N._

=DÉBACHER LA ROULOTTE=: Changer la voiture de place.

Les forains emploient cette expression pour indiquer qu’il vont d’une

ville à une autre (Argot des saltimbanques).

=DÉBAGOULER=: Cette expression est usitée dans les faubourgs pour

qualifier un orateur de réunion publique qui _débagoule_ son

_boniment_ (Argot du peuple).

=DÉBALLAGE=: Étalage par les camelots de marchandise sur la voie

publique ou dans des boutiques louées au mois.

_Déballage_ se dit aussi dans le peuple d’une femme avec qui on couche

pour la première fois.

—Tu la crois dodue, bien faite tu vas la voir au _déballage_; elle a

été moulée dans un cor de chasse (Argot du peuple).

=DÉBALLER=: Soulager ses entrailles pour quinze centimes, ce que ne

pouvait digérer Villemessant qui trouvait exorbitant d’être forcé de

donner trois sous pour restituer un petit pain qui n’en coûtait qu’un

et encore en laissant la marchandise (Argot du peuple).

=DÉBALLONNER= (Se): S’évader.

Mot à mot: se sauver du _ballon_ (prison).

_Déballonner_: accoucher.

Se défaire de son _ballon_ ou mieux du _lève-jupes_ (Argot des

voleurs).

=DÉBINE=: Se prend de manières différentes.

Être dans la misère la plus complète.

—Je suis dans la _débine_.

—Je m’en vais, je me sauve, je me _débine_ (Argot du peuple).

=DÉBINER=: Dire du mal de quelqu’un.

—Nous l’avons tellement _débiné_ qu’il n’a pu réussir (Argot du

peuple).

=DÉBINER LE TRUC=: Compère mécontent qui révèle le secret de son

associé (Argot des voleurs).

=DÉBOUCLER SA VALISE=: Mourir.

On devrait plutôt dire _boucler_ car le voyage est assez long (Argot

des commis voyageurs).

=DÉBOULER=: Arrivée subite de quelqu’un que l’on n’attendait pas.

—Il _déboule subito_ (Argot du peuple).

=DÉBOULER=: Femme qui accouche.

Allusion de forme; enceinte à pleines ceintures, elle est ronde comme

une boule; accouchant elle _déboule_ (Argot du peuple).

=DÉBOULONNER SA COLONNE=: Mourir.

Cette expression n’est employée que depuis 1871, lorsque les

communards jetèrent la colonne Vendôme par terre parce qu’elle gênait

Courbet (Argot du peuple).

=DÉBOURRER SA PIPE=: =V.= _Déballer_.

=DÉBRIDOIRE=: Outil de malfaiteurs (Argot des voleurs). =V.= _Tâteuse_.

=DÉBOUTONNER=: Parler, avouer.

—Tu peux te _déboutonner_ mon vieux, il faut que nous sachions ce que

tu as dans le ventre.

On dit aussi: _Déculotte ta pensée_ (Argot du peuple).

=DÉBROUILLARD=: Individu qui sait se débrouiller au milieu des ennuis

de la vie et qui en sort victorieux.

On emploie, dans les ateliers, cette image caractéristique, mais peu

parfumée:

—Il sortirait de cent pieds de merde (Argot du peuple).

=DÉCALITRE=: Chapeau.

Il a, en effet, la forme d’un boisseau (Argot du peuple).

=DÉCAMPER SANS TAMBOUR NI TROMPETTE=: Lâcher une femme ou un patron

sans les prévenir.

Fausser compagnie à quelqu’un.

Laisser une affaire en plan (Argot du peuple).

=DÉCANILLER=: Se lever de sa chaise ou de son lit.

—Allons, paresseux, _décanille_ plus vite que ça (Argot du peuple).

=DÉCARADE=: S’en aller au plus vite.

En un mot, _décarrer_, partir.

Une vieille chanson dit:

Allons, Flipote,

Met ta capote,

Et puis, _décarrons_-nous.

(Argot du peuple).

=DÉCARCASSER= (Se): S’échiner à faire un travail qui produit peu.

Se _décarcasser_ à courir pour arriver à l’heure de la cloche.

—J’ai beau me _décarcasser_, je ne suis pas plus avancé une année que

l’autre (Argot du peuple).

=DÉCARRER DE BELLE=: Sortir de prison à la suite d’une ordonnance de

non-lieu.

Mot à mot: Je l’échappe belle (Argot des voleurs).

=DÉCARTONNER=: Mourir de consomption.

Les commères disent: mourir à petit feu.

_Décartonner_ est synonyme de _décoller_ (Argot du peuple).

=DÉCHARD=: Qui est dans la dèche (Argot du peuple).

=DÈCHE=: Synonyme de _débine_.

Cette expression est due à une circonstance curieuse:

Un colosse, nommé _Hache_, marchand de _ribouis_ au marché du Temple,

avait la passion du théâtre; il figurait au cirque de l’ancien

boulevard du Temple. Il occupait l’emploi de tambour-major de la

garde; c’était insuffisant pour son ambition: il voulait parler. À

force d’obsessions, il obtint de Lalouc de dire un mot dans une pièce.

Il devait dire à Napoléon:

—Quel échec, mon Empereur!

La langue lui fourcha, il avait oublié sa phrase.

Alors, à tout hasard, il s’écria:

—Sire, ah! quelle _dèche_!

L’expression est restée, et, dans le peuple, quand on veut indiquer un

grand malheur elle est employée (Argot du peuple).

=DÉCHIRER SA TOILE=: Péter.

Allusion au bruit qui souvent ressemble à un déchirement (Argot du

peuple). =V.= _Peau courte_.

=DÉCORS=: Bijoux.

L’expression est jolie. On dit dans le peuple, d’une femme chargée de

bijoux: Elle est _décorative_ (Argot du peuple).

=DÉCRASSER=: Les filles _décrassent_ un homme en le débauchant

d’abord, en le ruinant ensuite.

Les voleurs _décrassent_ un pante en le volant.

_Décrasser_, dans un autre sens, est synonyme de _déniaiser_ (Argot du

peuple).

=DÉCROCHER UN LARDON=: Faire avorter une femme.

Les spécialistes qui se livrent à ce genre de travail se nomment des

_faiseuses d’anges_ (Argot du peuple). _N._

=DÉCROCHER LA LUNE AVEC LES DENTS=: Vouloir accomplir une chose

impossible.

Expression employée par ironie (Argot du peuple).

=DÉCROCHER LA TIMBALE=: Arriver bon premier, réussir.

Allusion au mât de cocagne, où le premier arrivé au sommet _décroche_

le premier prix qui est généralement une _timbale_.

Cette expression est populaire depuis la représentation de la pièce

intitulée la _Timbale_ (Argot du peuple). _N._

=DÉCROCHEZ-MOI ÇA=: Vêtements fripés que vendent les marchandes à la

toilette.

Comme les vêtements sont _accrochés_ et étiquetés, inutile de

marchander; on n’a qu’à dire à la vendeuse: _Décrochez-moi ça_.

Toute personne mal habillée sent le _décrochez-moi ça_ (Argot du

peuple).

=DÉCROCHER SES TABLEAUX=: Individu qui sans cesse se fourre les doigts

dans le nez pour on retirer les ordures.

—Tu reçois donc du monde que tu _décroches tes tableaux_? (Argot du

peuple).

=DÉCULOTTÉ=: Homme qui a mis son mobilier ou son commerce au nom de sa

femme.

Il ne porte plus la _culotte_.

_Déculotté_ aussi quand la femme est maîtresse au logis: elle porte

les _culottes_ (Argot du peuple).

=DÉFARGUER=: Pâlir.

Le parrain fargue,

Le bêcheur défargue,

dit une vieille chanson (Argot des voleurs).

=DÉFARGUER=: Les joueurs disent cela d’une carte qui les gêne.

Au _polignac_ ils se _défarguent_ du valet de pique (Argot des

voleurs). _N._

=DÉFENDRE SA QUEUE=: Défendre sa peau dans une bataille.

Quand deux chiens se battent dans la rue, les spectateurs crient:

—Toto, _défend ta queue_.

_Défendre sa queue_, c’est défendre ses intérêts de toutes manières

(Argot du peuple).

=DÉFILER LA PARADE=: Se dit à quelqu’un que l’on chasse.

—Allons, _défilez la parade_, et plus vite que ça (Argot du peuple).

=DÉFLEURIR= ou =DÉFLOUER LA PICOUSE=: Voler le linge qui sèche dans

les campagnes, sur des haies (Argot des voleurs). =V.= _Batousier_.

=DÉFOURAGER=: S’en aller, quitter un endroit pour un autre.

—Je _défourage_ de la _Centrousse_ pour _renquiller_ à _Pantin_ (Argot

des voleurs).

=DÉGLINGUE= (Tomber dans la): Être tout à fait par terre.

Dictionnaire d'argot fin-de-siècle · 第 58 / 165 题