FRANCISQUE SARCEY

_Permettez-moi de vous prier d’accepter l’hommage de ce volume. Je

suis persuadé que le nom du maître critique lui portera bonheur._

_J’ai essayé de faire juste, sans, comme mes devanciers, écarter

volontairement des termes risqués._

_Je les ai écrits comme ils sont employés dans les milieux auxquels je

les emprunte._

_Pour écrire mes précédents ouvrages, j’ai dû vivre dans ces milieux,

depuis l’atelier jusqu’aux bouges les plus infects, inconnus des

chercheurs, et où, d’ailleurs, nul n’oserait s’aventurer sans danger._

_C’est donc un Dictionnaire vécu, étudié sur le vif. S’il n’est pas

aussi savant que ceux de MM. Jean Rigaud, Alfred Delvau et Lorédan

Larchey, il a au moins le mérite de n’être pas fantaisiste; il n’est

pas l’écho atténué par une pudibonderie par trop Bérengeriste des

expressions en usage depuis des siècles._

_Des dames à un certain bal célèbre, mirant leur chemise au vestiaire,

j’ai fait comme elles, ce sera moins beau sûrement, mais c’est aussi

nature._

_TO BE OR NOT TO BE_

_Veuillez agréer, mon cher Maître, mes remerciements et l’expression

de mes sentiments de confraternité._

_CH. VIRMAITRE._

_Mon cher Confrère,_

_Vous m’avez fait grand plaisir en vous souvenant du goût que

j’ai toujours montré pour les études de linguistique. J’aime les

locutions d’argot, dont beaucoup sont très pittoresques; au lieu de

les proscrire toutes, comme font les dégoûtés, nous devrions avoir

à cœur de choisir les plus expressives et de les introduire dans la

conversation de la bonne compagnie, d’où elles passeraient dans le

Dictionnaire de l’Académie, qui leur donnerait ainsi leurs lettres de

naturalisation._

_Je vous remercie et vous serre la main._

_FRANCISQUE SARCEY._

Dictionnaire d'argot fin-de-siècle · 第 13 / 165 题