_Permettez-moi de vous prier d’accepter l’hommage de ce volume. Je
suis persuadé que le nom du maître critique lui portera bonheur._
_J’ai essayé de faire juste, sans, comme mes devanciers, écarter
volontairement des termes risqués._
_Je les ai écrits comme ils sont employés dans les milieux auxquels je
les emprunte._
_Pour écrire mes précédents ouvrages, j’ai dû vivre dans ces milieux,
depuis l’atelier jusqu’aux bouges les plus infects, inconnus des
chercheurs, et où, d’ailleurs, nul n’oserait s’aventurer sans danger._
_C’est donc un Dictionnaire vécu, étudié sur le vif. S’il n’est pas
aussi savant que ceux de MM. Jean Rigaud, Alfred Delvau et Lorédan
Larchey, il a au moins le mérite de n’être pas fantaisiste; il n’est
pas l’écho atténué par une pudibonderie par trop Bérengeriste des
expressions en usage depuis des siècles._
_Des dames à un certain bal célèbre, mirant leur chemise au vestiaire,
j’ai fait comme elles, ce sera moins beau sûrement, mais c’est aussi
nature._
_TO BE OR NOT TO BE_
_Veuillez agréer, mon cher Maître, mes remerciements et l’expression
de mes sentiments de confraternité._
_CH. VIRMAITRE._
_Mon cher Confrère,_
_Vous m’avez fait grand plaisir en vous souvenant du goût que
j’ai toujours montré pour les études de linguistique. J’aime les
locutions d’argot, dont beaucoup sont très pittoresques; au lieu de
les proscrire toutes, comme font les dégoûtés, nous devrions avoir
à cœur de choisir les plus expressives et de les introduire dans la
conversation de la bonne compagnie, d’où elles passeraient dans le
Dictionnaire de l’Académie, qui leur donnerait ainsi leurs lettres de
naturalisation._
_Je vous remercie et vous serre la main._
_FRANCISQUE SARCEY._