10 juillet 1810.

«Monseigneur, la Hollande est toujours dans le calme dont j'ai eu

l'honneur d'entretenir Votre Excellence dans mes précédents

rapports. Ce pays attend avec une grande impatience la décision de

son sort. La majeure partie des habitants croit à la réunion et à

voir consolider la dette au taux où elle est baissée. Les autres

demandent le maintien du gouvernement royal et la confirmation d'une

régence, mais non de celle qui existe; car les personnages qui la

composent sont pour la plupart accusés d'avoir contribué à la

situation actuelle des choses.

«J'ai eu l'honneur d'aller hier saluer le Prince Royal; je l'ai

laissé bien portant. J'ai consenti à ne point faire transporter Son

Altesse royale à Amsterdam, tant à cause des justes observations que

m'a faites Mme de Roubers sur la santé de Son Altesse royale que sur

ce que je me suis assuré qu'elle est convenablement à Harlem et en

sûreté. J'ai de Son Altesse royale une garde d'honneur française qui

a son poste au palais et un de mes aides de camp qui fait le service

de concert avec les officiers de la maison. Enfin cela se passe avec

les mesures qu'il fallait apporter en pareille circonstance.

«Les fonds n'ont pas varié depuis avant-hier, quoiqu'on ait fait

courir plusieurs bruits plus ridicules les uns que les autres.

«Par ma dernière dépêche, j'ai mandé à Votre Excellence que je

mettais un régiment à Harlem, celui qui y était destiné viendra

occuper les trois villes les plus près d'Amsterdam, afin d'y être en

masse et comme réserve pour cette ville qui, quoique tranquille, a

besoin de savoir que nous sommes là.

«Quand Sa Majesté l'Empereur voudra connaître les principaux

contrebandiers de ce pays, il me sera facile de les signaler, car

outre les renseignements que je m'étais déjà procurés tant sur leur

nom que sur la nature et la valeur approximative des affaires qu'ils

ont faites, c'est à qui des bons négociants viendra les dénoncer. Je

crois alors qu'une bonne contribution particulière frappée sur eux

ne serait pas une injustice.

«Je pense que Votre Excellence n'aura pas manqué de faire connaître

à l'Empereur que l'abdication, les proclamations placardées et le

départ du Roi ont eu lieu avant mon entrée à Amsterdam, et que Sa

Majesté me rend assez de justice pour penser que si je fusse arrivé

à temps j'aurais intervenu et peut-être empêché l'exécution de cet

événement extraordinaire.»

Les Rois Frères de Napoléon Ier Documents inédits relatifs au premier Empire · 第 334 / 358 题