Le bal masqué chez M. Siméon a surpassé les autres en élégance. La
cour y a paru en double mascarade, d'abord en _Mariage de Figaro_,
et après le souper en _Caravane du Caire_. Le roi, en costume de
Figaro, a dansé, au son des castagnettes, une danse espagnole avec
Mme de Boucheporn[130] et distribuait des fleurs. Le général
Hammerstein et la comtesse de Bochholz (ornée des diamants de la
reine) représentaient le comte et la comtesse Almaviva. Mme
Delaunay[131] a reçu du roi, dans cette occasion, un beau collier de
diamants: elle est heureuse de sa grossesse et de l'arrivée de son
mari.
[Note 130: Très jolie personne, femme d'un préfet du palais.]
[Note 131: Femme du général de Launay, fille de Siméon.]
Dimanche prochain, nouveau bal masqué chez M. le comte de Bochholz.
Les membres des États, gravement assis, en dominos, ont l'air de
dresser actes de toutes ces merveilles pour en faire le récit après
le retour dans leurs foyers. (_Prælia conjugibus loquenda._)
Dans le premier bal paré de la cour, qui eut lieu après le retour du
roi, on avait envoyé des billets d'invitation à quelques dames de la
ville, de réputation un peu équivoque. Le roi s'étant fait présenter
la liste ne voulut point qu'elles fussent admises. Il resta
inexorable, et les chambellans furent obligés d'avertir les dames en
question qu'il y avait une méprise dans l'envoi des billets. Mme
Delaunay, dans ses invitations, a été moins scrupuleuse.
Un des frères de M. de Furstenstein, arrivé d'Amérique dans l'été
dernier, est reparti pour Amsterdam où il doit se rembarquer. Un
autre frère, qui est chambellan du roi, l'a accompagné. On suppose
que ce voyage de M. Lecamus concerne les anciennes relations du roi
avec Mlle Paterson[132].
[Note 132: C'était la vérité.]
On parle d'un prochain voyage du roi pour Paris à l'occasion du
mariage de Sa Majesté l'Empereur. On prétend même que le jour en est
fixé au 18 mars.