XLVII

C'est le train de la vie et de la destinée;

Quand au timbre fatal l'heure est enfin sonnée,

Nul ne peut retarder sa défaite d'un jour.

--Quelle vertu qu'on ait, ou qu'on fuie ou qu'on reste,

Tout cède à ce pouvoir infernal ou céleste:

On ne saurait tromper ni son sort ni l'amour.

--Amour, joie et fléau du monde,--douce peine,

Misère qu'on regrette et de charmes si pleine;

--Rire qui touche aux pleurs,--souci pâle et charmant,

Mal que l'on veut avoir;--Paradis,--Enfer,--Songe

Commencé dans le ciel, que sur terre on prolonge,

Mystérieux enchantement!

Poésies Complètes - Tome 1 · 第 131 / 292 题