LA COURONNE EFFEUILLÉE

J’irai, j’irai porter ma couronne effeuillée

Au jardin de mon père où revit toute fleur;

J’y répandrai longtemps mon âme agenouillée:

Mon père a des secrets pour vaincre sa douleur.

J’irai, j’irai lui dire, au moins avec mes larmes:

«Regardez, j’ai souffert...» Il me regardera,

Et, sous mes jours changés, sous ma pâleur sans charmes,

Parce qu’il est mon père il me reconnaîtra.

Il dira: «C’est donc vous, chère âme désolée,

La terre manque-t-elle à vos pas égarés?

Chère âme, je suis Dieu: ne soyez plus troublée;

Voici votre maison, voici mon cœur, entrez!...»

O clémence! ô douceur! ô saint refuge! ô Père!

Votre enfant qui pleurait vous l’avez entendu!

Je vous obtiens déjà puisque je vous espère

Et que vous possédez tout ce que j’ai perdu.

Vous ne rejetez pas la fleur qui n’est plus belle;

Ce crime de la terre au ciel est pardonné.

Vous ne maudirez pas votre enfant infidèle,

Non d’avoir rien vendu, mais d’avoir tout donné!

_ERRATA_

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62 _le froid_ _ton poids_

68 _complot_ _sanglot_

71 préférais préfé_re_rais

72 [note 23] Gaut_h_ier Gautier

99 pour quoi pourquoi

153 prend_s_ prend

186 C’est vrai C’est vrai _pourtant_

Félicité: Étude sur la poésie de Marceline Desbordes-Valmore · 第 77 / 79 题