De la colombe au bois c’est le ramier fidèle;
S’il vole sans repos, c’est qu’il vole auprès d’elle;
Il ne peut s’appuyer qu’au nid de ses amours,
Car des ailes de feu l’y réchauffent toujours!
Laissez battre et brûler deux cœurs si bien ensemble;
Leur vie est un fil d’or qu’un nœud secret assemble,
Il traverse le monde et ce qu’il fait souffrir:
Ne le déliez pas! Vous les feriez mourir!
Ils ne veulent à deux qu’un peu d’air, un peu d’ombre,
Une place au ruisseau qui rafraîchit le cœur;
Seuls, entre ciel et terre, un nid suave et sombre,
Pour s’entre-aider à vivre, ou cacher leur bonheur!
Quand vous ne verrez plus passer par ce rivage
Cette blanche moitié de la colombe aux bois,
N’allez pas croire au moins que l’un d’eux soit volage:
Bien qu’ils aiment toujours, ils n’aiment qu’une fois!
Laissez-vous entraîner sur leurs traces perdues
Vers le nid, doux sépulcre alors silencieux,
Et vous y trouverez quatre ailes détendues
Sur deux cœurs mal éteints rallumés dans les cieux!