SAGESSE

Écoutez la chanson bien douce

Qui ne pleure que pour vous plaire.

Elle est discrète, elle est légère:

Un frisson d'eau sur de la mousse!

La voix vous fut connue (et chère?)

Mais à présent elle est voilée

Comme une veuve désolée,

Pourtant comme elle encore fière,

Et dans les longs plis de son voile

Qui palpite aux brises d'automne

Cache et montre au coeur qui s'étonne

La vérité comme une étoile.

Elle dit, la voix reconnue,

Que la bonté c'est notre vie,

Que de la haine et de l'envie

Rien ne reste, la mort venue.

Elle parle aussi de la gloire

D'être simple sans plus attendre,

Et de noces d'or et du tendre

Bonheur d'une paix sans victoire.

Accueillez la voix qui persiste

Dans son naïf épithalame.

Allez, rien n'est meilleur à l'âme

Que de faire une âme moins triste!

Elle est "en peine" et "de passage,"

L'âme qui souffre sans colère,

Et comme sa morale est claire!

Ecoutez la chanson bien sage.

Un grand sommeil noir

Tombe sur ma vie:

Dormez, tout espoir,

Dormez, toute envie!

Je ne vois plus rien,

Je perds la mémoire

Du mal et du bien....

O la triste histoire!

Je suis un berceau

Qu'une main balance

Au creux d'un caveau:

Silence, silence!

Le ciel est, par-dessus le toit,

Si bleu, si calme!

Un arbre, par-dessus le toit,

Berce sa palme.

La cloche, dans le ciel qu'on voit,

Doucement tinte.

Un oiseau sur l'arbre qu'on voit

Chante sa plainte.

Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là,

Simple et tranquille.

Cette paisible rumeur-là

Vient de la ville.

--Qu'as-tu fait, ô toi que voilà

Pleurant sans cesse,

Dis, qu'as-tu fait, toi que voilà,

De ta jeunesse?

Je ne sais pourquoi

Mon esprit amer

D'une aile inquiète et folle vole sur la mer.

Tout ce qui m'est cher,

D'une aile d'effroi

Mon amour le couve au ras des flots. Pourquoi, pourquoi?

Mouette à l'essor mélancolique,

Elle suit la vague, ma pensée,

A tous les vents du ciel balancée

Et biaisant quand la marée oblique,

Mouette à l'essor mélancolique,

Ivre de soleil

Et de liberté,

Un instinct la guide à travers cette immensité.

La brise d'été

Sur le flot vermeil

Doucement la porte en un tiède demi-sommeil.

Parfois si tristement elle crie

Qu'elle alarme au lointain le pilote,

Puis au gré du vent se livre et flotte

Et plonge, et l'aile toute meurtrie

Revole, et puis si tristement crie!

Je ne sais pourquoi

Mon esprit amer

D'une aile inquiète et folle vole sur la mer.

Tout ce qui m'est cher,

D'une aile d'effroi,

Mon amour le couve au ras des flots. Pourquoi, pourquoi?

Vous voilà, vous voilà, pauvres bonnes pensées!

L'espoir qu'il faut, regret des grâces dépensées,

Douceur de coeur avec sévérité d'esprit,

Et cette vigilance, et le calme prescrit,

Et toutes!--Mais encor lentes, bien éveillées,

Bien d'aplomb, mais encor timides, débrouillées

A peine du lourd rêve et de la tiède nuit.

C'est à qui de vous va plus gauche, l'une suit

L'autre, et toutes ont peur du vaste clair de lune.

"Telles, quand des brebis sortent d'un clos. C'est une,

Puis deux, puis trois. Le reste est là, les yeux baissés,

La tête à terre, et l'air des plus embarrassés,

Faisant ce que fait leur chef de file: il s'arrête,

Elles s'arrêtent tour à tour, posant leur tête

Sur son dos simplement et sans savoir pourquoi."

Votre pasteur, ô mes brebis, ce n'est pas moi,

C'est un meilleur, un bien meilleur, qui sait les causes,

Lui qui vous tint longtemps et si longtemps là closes

Mais qui vous délivra de sa main au temps vrai.

Suivez-le. Sa houlette est bonne.

Et je serai,

Sous sa voix toujours douce à votre ennui qui bêle,

Je serai, moi, par vos chemins, son chien fidèle.

French Lyrics · 第 324 / 445 题