1780.
Je vous prie, mon cher Colonel, de lire les papiers ci-joints, ils vous
mettront au fait de ce dont il s’agit. Nous avons déjà parlé ensemble
de cet objet, ainsi il est inutile d’y revenir, il est certain que
si Son Excellence ne vous favorit point dans ces occasions, il nous
est absolument impossible pour nous mêmes de nous tirer d’embarras.
L’homme dont il est question, et qui est celui qui vous remettra cette
lettre, sert lui-même à prouver le peu de ressources que nous avons
dans ce genre. M. de Vellefranche en avait été si mécontent la campagne
dernière, qu’il l’avait renvoyé, et n’en voulait plus entendre parler.
L’impossibilité d’en trouver un autre le force de le reprendre; il
ne demande pas mieux assurément que de le changer, il fait tous ses
efforts pour cela, il frappe à toutes les portes, mais inutilement.
Il est bien aisé de faire de belles loix pour corriger les abus; tout
le monde voit les abus, tout le monde peut se faire valoir en déclamant
d’autre, mais déterminer, presque les circonstances permettent, de
corriger l’abus, en supprimant des moyens abusifs de faire une chose en
substituer d’autres voilà ce que les Réformateurs Croyans ne font pas
toujours.
Vous expliquerez cela à qui il appartient, probablement vous ne vous
tromperez pas, au fait dont je vous prie de donner à M. de Villefranche
un mot comme vous l’avez donné à M. de Rochefontaine.
Je suis, mon cher Colonel, dans une totale défaute de livres anglais;
j’en ai réluqué un sur la table aujourd’hui, que le Colonel Harrison
m’a dit que vous lisiez, mais je pense que vous ne lisez pas les deux
volumes à la fois. Si vous pouviez m’en prêter un, vous obligeriez
beaucoup votre très humble serviteur.
Du Portail.
Je vous prie de me renvoyer les papiers en cachets.
Du Portail.
Col. Hamilton.