Dans les brumes d’hiver, vers Noël ou Toussaint,
Rien n’a désaffligé le morne crépuscule;
Chaque ombre d’un passant, qui se hâte et recule,
Aux airs d’une cloche en route qui se plaint...
Et, dans ce désolant paysage de ville,
Les réverbères un par un sont allumés,
Si tristes, grelottant dans le verre fragile;
C’est vraiment, dirait-on, des oiseaux enfermés
Et qui se font du mal sur les vitres menteuses,
Puis meurent longuement en spasmes de clarté;
Ou c’est encor des roses jaunes souffreteuses
Ayant peur, ayant froid dans le cristal fouetté,
Et dont le vent effeuille à terre la lumière...
Lanternes s’allumant à l’heure coutumière
Plus ternes par les soirs de Noël ou Toussaint,
Qui s’allongent, dans l’air mouillé, comme des rampes
Et qu’en leur solitude aucun passant ne plaint,
Tristes lanternes,--sœurs malheureuses des lampes!--
Que le vent exténue à chaque carrefour
Et qui n’auront jamais, dans ces jours de novembre,
Les doux miroirs, le nid d’étoffe d’une chambre,
Et le dorlotement des guimpes d’abat-jour!