[Musique:
Où est la Margue-ri-te? Oh! gai! oh! gai! oh! gai!
Où est la Margue-ri-te? Oh! gai! franc ca-va-lier]
Où est la Marguerite?
Oh! gai! oh! gai! oh! gai!
Où est la Marguerite?
Oh! gai! franc cavalier.
Elle est dans son château,
Oh! gai! etc.
Elle est dans son château,
Oh! gai! franc cavalier.
Ne peut-on pas la voir?
Oh! gai! etc.
Ne peut-on pas la voir?
Oh! gai! franc cavalier.
Les murs en sont trop hauts,
Oh! gai! etc.
Les murs en sont trop hauts,
Oh! gai! franc cavalier.
J'en abattrai un' pierre,
Oh! gai! etc.
J'en abattrai un' pierre.
Oh! gai! franc cavalier.
Un' pierr' ne suffit pas,
Oh! gai! etc.
Un' pierr' ne suffit pas,
Oh! gai! franc cavalier.
J'en abattrai deux pierres,
Oh! gai! etc.
J'en abattrai deux pierres,
Oh! gai! franc cavalier.
Deux pierr's ne suffisent pas,
Oh! gai! etc.
Deux pierr's ne suffisent pas,
Oh! gai! franc cavalier.
J'en abattrai trois pierres,
Oh! gai! etc.
J'en abattrai trois pierres,
Oh! gai! franc cavalier.
Trois pierr's ne suffisent pas,
Oh! gai! etc.
Trois pierr's ne suffisent pas,
Oh! gai! franc cavalier.
On continue ainsi autant qu'il y a de jeunes filles. Toutes les jeunes
filles, à l'exception d'une, forment un groupe. Elles ont au milieu
d'elles une de leurs compagnes dont elles tiennent la robe relevée,
comme une cloche renversée. _Le franc cavalier_ s'avance en chantant le
premier couplet. Les autres répondent par le suivant, et ainsi jusqu'au
cinquième: _J'en abattrai un' pierre_. Il emmène alors une des jeunes
filles, et autant qu'il y en a autour de la Marguerite, autant de fois
il enlève une pierre. Quand il n'y en a plus qu'une, qui tient à elle
seule la robe de la Marguerite, le franc cavalier s'avance sans chanter
et dit: _Qu'y a-t-il là dedans?_ On répond: _Un petit paquet de linge à
blanchir_. Il reprend: _Je vais chercher mon couteau pour le couper_.
Alors on lâche la robe, la Marguerite s'enfuit et toutes courent après
elle.
Cette ronde naïve est évidemment issue de celle qui célébrait _Ogier le
Danois_:
Qui est dans ce château?
Ogier! Ogier! Ogier!
Qui est dans ce château?
Beau chevalier.
Pendant la disgrâce et la captivité d'Ogier le Danois, Charlemagne avait
menacé d'une mort honteuse quiconque prononcerait devant lui le nom
d'Ogier. Trois cents cavaliers se donnent alors le mot; ils viennent
devant le palais de Charlemagne crier, comme d'une seule voix: _Ogier!_
_Ogier!_ _Ogier!_ et Charlemagne, n'osant punir la fleur de la
chevalerie, aime mieux céder et pardonner à Ogier.
[Illustration: deco.]