Les jeunes filles se tenant par la robe, à la suite l'une de l'autre,
passent sous l'arc que forment les bras de deux de leurs compagnes.
Celles-ci chantent: _Trois fois passera, la dernière y restera_, pendant
que les premières défilent, et, au troisième tour, elles abaissent leurs
bras et retiennent celle qui se trouve prise ainsi. Alors, elles lui
demandent tout bas avec laquelle des deux elle veut rester. Quand elle a
fait son choix, elle va se placer derrière celle qu'elle a désignée.
L'une des deux représente le ciel, l'autre l'enfer, et celles qui ont
fait un bon choix, quand le jeu est fini, poursuivent les autres en leur
faisant les cornes, comme dans la ronde précédente. Ce geste, qui n'est
ni gracieux ni bienveillant, se retrouve dans certains jeux d'enfants,
et doit tirer son origine de quelque légende du moyen âge, époque où le
diable avait toujours un rôle actif. Cette action de montrer les cornes
avec les doigts est particulière à l'Italie, où les gens du peuple
croient détourner un maléfice, qu'ils appellent le _mauvais oeil_
(_jettatura_), soit en présentant ainsi les doigts de la main, soit en
portant sur eux quelque petit objet de métal ou de corail, tel qu'une
épingle, façonnée en forme de main, dont deux doigts sont tendus en
avant comme deux cornes menaçantes.
[Illustration: deco.]