[Illustration]
Autrefois, on avait l'habitude de répandre sur le sol des appartements
des feuillages, de la paille ou des brins de jonc, d'où vient
l'expression de _joncher._ Nous pensons que c'est aussi l'origine du nom
de _jonchets_ que l'on donne à de petits brins d'ivoire, et c'est
pourquoi nous le préférons à celui d'_onchets_, que les enfants
connaissent mieux. On joue à deux, mais il n'est pas impossible d'être
trois ou quatre. Le paquet de jonchets en contient un certain nombre
parmi lesquels il s'en trouve qui ont des figures taillées à une de
leurs extrémités, représentant le roi, la reine, un cheval, etc. Quand
il a été réuni en faisceau dans la main, on le laisse tomber
naturellement, et le hasard mêle ces petites pièces et les enchevêtre
l'une dans l'autre, de manière à ce qu'il soit très-difficile de ne pas
remuer le jeu, lorsqu'on essaye avec un crochet d'enlever un des brins
d'ivoire. Au plus léger mouvement des jonchets, il faut céder son tour à
l'adversaire. On doit arriver à enlever toutes les pièces, et celui qui
a réuni le plus grand nombre de points a gagné la partie. Pour calculer
le nombre des points, on peut compter le roi pour cinquante, la reine
pour quarante, le valet pour trente, le cheval pour vingt et chacun des
simples pions pour dix.